Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

URUGUAY - Étape 1 : Colonia del Sacramento, Montevideo, La Pedrera.

                                            La Pedrera - Palapa

J1 - Transports

11h11. Jeux de pendule... 11h23. Le train n'a pas démarré que je suis déjà en train de pleurer. J'aime pas dire aurevoir à ceux que j'aime. 15h45. Aéroport de Paris, ennui. 19h. Les côtes francaises prédecoupées en lumières sur la Manche noire. 19h. Londres aéroport. Impression d'être en Inde. 22h. Début d'un loooong vol aux côtés d'une vieille voisine sympathique mais beaucoup trop bavarde. Pommettes et nez refait, Charlotte, 82 ans, argentine vivant à Rome, me raconte sa généalogie par le détail. Mes écouteurs, mon carnet, les films, rien ne l'arrête et je suis coincée au centre de la rangée...

 

J2- L'air est sucré

8h30. Un zombie débarque à Buenos Aires. Mon chauffeur de taxi m'apparaît beaucoup moins sympathique quand il insinue que les boîtes gays sont un lieu de perversion où l'on peut même "commander des enfants".

Bateau pour Colonia. Même pas la gerbe!! J'ai quitté les guêtres et le manches longues, le ciel est bleu, il fait chaud. La douche ne suffit pas à me réveiller, alors je erre dans la vieille ville classée au patrimoine de l'UNESCO, partagée entre une terrible envie de sieste et un devoir de remplir mes yeux. Mélange de colonialisme espagnol et portugais, des pavés bien alignés et d'autres comme jetés au hasard. Les fleurs embaument, les chiens dorment au milieu de la rue... Une conversation avec un mécanicien uruguayen reconverti en agriculteur "porque paga mas", puis un verre de vin avec les portugais Maria et Antonio.

Coucher de soleil au rythme des tambours du candombé, répétition de défilé pour le carnaval visiblement, dirigé par une femme de dos homme de face. Une calzone à défaut d'empanadas, une bière, une mochilera qui sombre.

 

J3- Ché soui lé profeusseurrr

Rues presque désertes, je me promène en privilégiée dans Colonia, puis bus pour Montevideo. Paysages agricoles, vaches, herbe rase devant les maisons carrées pastels, eucalyptus, bougainvilliers, hibiscus... Mes rêveries sont seulement troublées par un adolescent qui se retourne souvent pour me jeter de bizarres coups d'oeil, avec toute la discrétion que 2m de haut et un quintal sous une casquette fluo peuvent procurer.

Montevideo. Après un hamburger degueu (malgré de belles vaches partout!) et un drop de sacs à l'auberge, nous marchons le long de la rambla jusqu'à une petite plage. Pêcheurs, amoureux, travailleurs tout juste débauchés se posent sur ce malecón uruguayen, bordé de grandes avenues bruyantes et d'immeubles immondes. La conversation avec mes amis portugais est brutalement interrompu par un vieux fou qui se plante devant nous et chante un air d'opéra avant de s'asseoir et de nous régaler d'une logorrhée décousue de sujets qu'il a du maîtriser jadis et qu'il mélange désormais. Chapelet, Walkman, short coupé s'ouvrant sur ses parties intimes quand il se jette en arrière, il s'invente "chorégraphe", postillons abondants, "professeur de français". Nous rions à n'en plus pouvoir. J'apprends entre deux élucubrations que sur cette plage se célèbre Yemaya, non loin d'une statue à son effigie. Quand il fait trop frais nous rentrons dîner. Des fraises en dessert... Normal c'est bientôt l'été!

 

J4- 1er churrasco

Marché d'artisanat et galerie d'art, rien de typiquement uruguayen, les artistes sont plutôt indépendants avec des styles très différents. Devant une boutique une dame me raconte qu'elle est venue veiller sa sœur malade d'avoir trop travaillé. Elle me dit d'un air entendu qu'elle s'appelle "Lourdes, comme la vierge".

Playa Malvin par le bus urbain qui n'en finit pas de faire des détours. Por fin!!! Jolie vue sur l'Isla de las Gaviotas jusqu'à ce que 2 baleines de plage s'installe devant. Crêpe crevette, brûlée je suis. Rentrer. Paquetear. Me despedir dos portugueses.

J'arrive de nuit à La Pedrera. Entre les arbres, le chemin de terre qui mène à l'hostel est plongé dans l'obscurité... Petit stress des lieux déserts et obscurs. La musique (murga) à fond me confirme que j'y suis. Première hôte de la saison, VIP donc : je me joins au staff pour une viande au feu, caipirinha et chocolat, ma modeste participation. Ils sont tous si heureux à l'idée de leur saison... Le ciel se couvre, la pluie d'étoiles ne sera pas pour nous. Je me promène avec eux sur la jetée, superbe de nuit. Hernan à la guitare, les filles au chant. Je les laisse à leurs retrouvailles et rentre seule dans La Pedrera déserte. Je passe par la fenêtre restée ouverte, ordinateurs et autres iPod traînent, il faut croire que le lieu est très sûr!

 

J5- Mapas

Matinée au ralenti. Playa del barco, palapa obligatoire vu ma nouvelle couleur. La découpe de la plage est bizarre, comme une dune plate, il faut d'un coup descendre d'1m50 sur le sable pour longer l'eau. Rochers, petites fleurs multicolores... Dans la rue principale ça retape, ça construit, j'ai du mal à imaginer que dans moins de 10 jours ce lieu sera bondé. A l´heure de la sieste je me lance dans la cuisine d'un "zukini" (variété de courgette), et me noie dans mes cartes. Facetime avec les copains qui ont froid, le blues de la première solitude, la musique à l'auberge qui m'assourdit, je ne m'entends plus penser. Pas la foi d'aller écouter les tambours du candombé. Je vais me coucher.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
A
Jolie photo des baleines ! ;-)
Répondre