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Etape 4-2 > Le Costa Rica : Puerto Viejo

Pto Viejo - Fidele amiJ81

Série de bus et de bavardages avec des échantillons du monde entier : un retraité américain raciste abonné à l'hopital, une ado allemande enthousiaste, une métisse américano-haïtienne en route pour du woofing, un groupe de surfeurs australiens en chasse de minettes... Il fait chaud et beau, je marche un moment et installe mon hamac dans un dortoir vide. Un petit tour en ville et je repousse des mains, des "come here baby", et des offres de paternité. Wow. Je rencontre John et Mary avec qui nous allons boire un coup au Rocking J', plein de gens qui font la tronche, puis un autre au Tex Mex où sert le joli Daniel, puis je vais user mes chaussures au Baba Yaga au son reggae dancehall incontournable ici. Il y a ceux qui pêchent de la touriste, ceux qui picolent, celui qui pleure dans son sang au milieu des tessons, et celles qui toisent les nouveaux arrivants...

 

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Louer un vélo. Me faire coiffer par une italienne qui a tout plaqué pour vivre pauvre, mais au soleil et au sourire. Aller à la plage. Regarder les gens, la rue : dreadlocks décolorées par le sel, maisons peintes en vert jaune rouge, reggae qui transpire, étrangers qui montent des hôtels ou des restos, surfeurs pédalant planche sous le bras, chiens errants... Vert des arbres et gris de la mer.

Au Tex-Mex je fais connaissance avec Victor qui me régale en shooters de Flor de Caña, s'échappe du bar pour jouer au billard, et à la fermeture nous allons danser -reggae dancehall ça va de soit- au Johnny's place, hangar ouvert sur la plage. Ses yeux déjà bridés deviennent deux fentes de fatigue, et il me raccompagne sur son vélo.

 

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Sentiment de liberté sur mon vélo aux couleurs rasta. Le temps est gris, les rues mouillées, pas de plage aujourd'hui. Je roule vers l'ouest sans but précis, secouée par les nombreux trous de la route, savourant cette impression d'être juste moi et la nature. Au bout d'un moment je vois un panneau "centro cultural indigena", je rentre dans la propriété. Entre les arbres, je suis accueillie par un monsieur de 60 ans qui en paraît 40, il lui manque seulement les dents de devant. Il n'est pas chamane comme la plupart de ceux qui soignent ici, mais il sait les plantes et les pierres. Je passe 2h avec lui et je suis épatée devant sa perception du cancer et les résultats qu'il a obtenu avec des malades soit disant en phase terminale. Il me dit qu'il lui faut 2 semaines à 1 mois pour déterminer s'il peut faire quelquechose pour le patient et comment, puis 1 à 2 mois supplémentaires pour la guérison. Seul le sida lui semble trop difficile. Quant aux autres maladies, la plupart sont des maladies d'amour me dit-il. Alors il faut faire la paix, et dire à ceux qu'on aime qu'on les aime vraiment... L'amour, la guérison.

Plus tard, je passe un long moment avec Daniel, dans l'obscurité du Tex-Mex fermé, constatant respectivement la capacité de l'humain à se compliquer la vie et à s'enfermer dans une rassurante médiocrité.

 

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La texture du sable noir m'enchante, j'y plonge mes orteils avec délice. Je me découvre et me couvre en fonction du ciel qui veut pleuvoir, mais n'en est pas si sûr. Quand il pleut vraiment je bouquine en observant les mochileros qui descendent du bus, me demandant si moi aussi j'ai l'air aussi perdu quand je débarque... Je longe la plage et les nombreux stands d'artisanat, attendant l'heure d'aller danser. L'ambiance n'est pas top, plombée par la menace d'un dealer local un peu à cran... Je me fais raccompagner par deux américains, en tant que fille, mieux vaut tôt accompagnée que tard seule.

 

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Il pleut des cordes. Télé. Colliers. Couture. Ecriture. Lecture. Ennui.

Jean baskets et je vais squatter le Tex-Mex. Holger l'allemand gentil-mais-soulant vient me taper la conversation, et nous assistons au concert de rock reggae des papys locaux - pouvez vous vous imaginer un mélange de Mike Jagger et de Bob Marley dans un seul groupe? -. Puis je vais danser avec Elvis qui se prétend "le meilleur". Ca commence bien. Quand je suis soulée de l'ambiance gringa-chaudasse-cherche-pinga, il me ramène en scooter, mignon mais un tout petit breton.

 

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Temps pourri, mais Pto Viejo vibre de musique. Parties d'échecs, Holger me met la pâtée sans difficulté. Puis plage malgré le froid. J'observe les surfeurs prendre les vagues, ou les vagues prendre les surfeurs.

Tex-Mex et Johny's pour changer, je discute un peu avec Daniel qui part mixer, et je danse avec José-sourire-ambulant et avec Victor. La musique est trop bonne, je repousse les tentatives des vautours, et me fait raccompagner par un artisant vénézuelien, que je repousse aussi. Fatiguée.

La nuit je tombe du hamac et mon cerveau me dit qu'il est temps de bouger.

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S
<br /> Aujourd'hui on est le 16 décembre, il fait 0°C à Bordeaux, on se caille les miches grave! Les bordelais s'affolent dans les centres commerciaux surchauffés pour trouver LE cadeau de Noël... La<br /> magie des illuminations opère, le soir, quand les rues deviennent désertes. Aujourd'hui on est le 16 décembre et c'est la Saint Adélaïde, alors bonne fête la miss au fin fond du monde. Bises.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Merci beaucoup, je suis tres touchee !! Effectivement je suis au fond du monde : Cerro Chirripo, mais je crois que je peux aller encore plus loin. ;) J'espere que tout va bien pour toi, plein de<br /> bisoux et de bonheur.<br /> <br /> <br /> <br />