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Etape 2-6 > Sortie au Honduras, Copán

Copán - Guacamayas y mas

J62

L'attente, les transports, la chaleur, les images qui se superposent aux chorégraphies et spectacles de mon espace scénique cérébral... Dans un semi-coma j'observe mon voisin mal rasé, ma voisine souriante qui boulotte des chips de plantains, le trafic et ses fumées noires... Assise sur le béton d'une station service je discute brièvement avec cet espagnol qui voyage depuis 5ans en vendant des bijoux en macramé. Quand il apprend que je suis française, il se replie vers les américaines, quelques préjugés peut-être?

La nuit, la frontière hondurienne, je paye ce que je dois, mais aussi ce que je ne dois pas, en bonne pompe à fric que je suis. A Copán, je me jette, épuisée, dans le 1er dortoir que je trouve.

 

J63

Seule avec le soleil le le long de la route qui mène aux ruines : ma robe est longue et vu les regards masculins j'en suis bien contente. Les Guacamayas (perroquets) forment le comité d'accueil de la zone archéologique où je me promène bouche ouverte et larmes aux yeux devant tant de beauté si bien conservée. Mon esprit vagabonde et je suis là, sous le règne de Dix Huit Lapin, alors que sonnent les burins des artisans sur les marches de l'indescriptible escalier hieroglyphique.

Tous les petits garçons du monde font les mêmes bêtises - en l'occurence jouer au football dans le restaurant - et toutes les mamans les mêmes gros yeux (qui rient en s'efforçant d'avoir l'air sérieux)... J'observe la scène avec amusement en dégustant mon licuado pastèque, avant de rejoindre Alejandro et ses amis artisans sur le trottoir : Leister un jeune hondurien surexcité qui parle en s'agitant, Diego, colombien, qui me chante du Francis Cabrel en espagnol, et Sara, qui joue du pipeau et dit beaucoup d'idioties.

 

J64

Prête à partir, mais mes potes me tentent avec la Noche de Salsa. Je change mon billet avec la complicité de l'hôtelier qui me dit "muy enferma" à la cie de bus. Je passe ma journée avec Alejandro et les petites vendeuses de poupées pliées de rire devant mon ventre qui bouge tout seul. Grandes conversations sur les petits et les grands bobos de la vie, et une vente qui nous met en joie. Les préjugés d'Alejandro sur les français changent... Je lui donne un cours de salsa en échange d'un livre de Gabriel Garcia Marquez, mais à l'heure de la mise en pratique, il reste collé à sa bière. Je danse avec le prof qui en fait beaucoup... LA style plus acrobaties, je me sens un peu comme une bouteille d'orangina ; je lui enseigne le dile que no et rentre, pour trouver Leister et Max planant pleins de crack dans des positions tordues face au ciel. Dans le hamac les conversations philosopico-politiques ne suffisent pas à me tenir éveillée, toujours la même conclusion : le pouvoir pourrit, politique ou religieux, c'est une gangrène. Bonne nuit.

 

J65

Douche froide et adieux chaleureux. Les meilleurs choses ont une fin, et ces "hijos de poetas" m'accusent de vouloir faire pleurer le ciel en partant. Le bus, mon mutisme et mes questions... Ces gamines portant du bois sur leur tête, ces hommes, machette à la main, dans le silence et l'effort, dans les gaz d'échappement. Et la frontière à nouveau. Le harcèlement des changeurs, à nouveau. Mon repli dans ma musique, mon cerveau qui danse, à nouveau.

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