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Étape 9-2 > Le Pérou : Cuzco, Le Machu Picchu

Machu Picchu - No quiero irme

 

J260

Arrivés tôt à Cuzco, nous profitons de la messe de 7h pour visiter la cathédrale. Le soleil envahit peu à peu la Plaza de Armas, et les taxis-caisse-à-savon s'éveillent en un concert de tutut pouet pouet. Poulets morts, têtes de porc, centaines de variétés de patates et de maïs, je fais un tour au marché coloré. Sur le trottoir je lis les panneaux anti-Keiko, dénonçant les stérilisations forcées, les détournements de fonds et autres abus du père Fujimori. 

Je découvre avec émotion ces murs de pierres énormes à l'assemblage mystérieusement parfait. Cette cité me fascine.

Soupe (de patates), poulet, riz (et patates), flanc, maté de coca... Je déboutonne (avant de me transformer en patate).

 

J261

Cohue matinale des microbus qui s'arrachent littéralement les clients. Malade jusqu'à Sta Maria, je suis assaillie de théories sur le soroche (mal d'altitude) : mais comment dire au chauffeur que c'est à cause de son permis pochette surprise et des 15 virages/sec que j'ai la gerbe? Deux taxis collectifs et le soulagement : hydroelectrica, d'où nous avons encore 2h de marche jusqu'à Aguas Calientes. Nous longeons les rails du fameux train au Machu Picchu, voyant ce dernier de dos, tout là-haut. En dépit des épaules qui tirent, la balade est agréable, à l'ombre de la végétation touffue et délicieusement odorante. Au bout, la ville ressemble à une grise station de ski... Nous trouvons un hôtel bien et pas cher -un miracle ici- et ne tardons pas.

 

J262

2h30 du mat, nous descendons jusqu'au pont, bien décidés à faire partie des premiers au Machu. Grille fermée, alors je négocie pour que le garde ouvre, allongeant la propina puisque les battements de cils sur mes yeux fatigués ne suffisent pas... 50min de grimpette plus tard, nous sommes à l'entrée. Ça valait le coup : à l'ouverture, la photo de carte postale sans un bonhomme dessus s'offre à nous... Le Wayna Picchu qui domine la place centrale dans une explosion de vert et de gris (ciel bouché aujourd'hui), les ruines, les terrasses où ondulent des plantes mauves... C'est... Incroyable. Je marche vers l'Intipunku, croisant les trekkeurs sur cette petite portion du chemin de l'inca. Superbe vue sur le site qui s'emplit peu à peu. Mon cerveau qui cogite m'aide à fabriquer une bulle dans laquelle les centaines de touristes présents ne m'affectent pas, et je déguste chaque parcelle de ce lieu encore très mystérieux comme s'il s'agissait de la dernière plaquette de chocolat de la planète. Le pont de l'inca, le temple du soleil, le temple à la Pachamama, les murs anti-sismiques inclinés vers l'intérieur, les assemblages millimétriques de pierres cyclopéennes, les escaliers sans fin qui montent à des constructions perchées... Ça me dépasse. Hors de ma portée. Ils sont fous ces incas!! La montagne est si haute! Comment ont-ils déplacé ces blocs??? Ne serait-ce que sur 1m ça me semble impossible... Et la cité dessinée en forme de condor? C'est pas un truc de dingue? Fascination. Mille secrets ici. Et un quelquechose qui nous empêche de partir. Ce sont les gardiens qui nous mettent gentiment dehors. Nous sommes les derniers, difficile de tourner le dos à Sa Majesté. En silence nous regagnons la ville. Le Machu avait un goût de fin... Dernière partie de mon voyage. Ça m'a frappée fort. 

 

J263

Michel est parti. C'est bizarre d'être à nouveau seule. Je décide de prendre le train jusqu'à hydrolectrica (45min, 12$, plus loin c'est trop cher) en section touriste puisque en tant qu'étrangère je ne peux pas monter avec les locaux. Me da una rabia!!! Pire, j'ai honte quand je vois les gens marcher le long des rails, m'autoflagellant avec des "t'aurais pu faire un dernier effort quand même". Ça vient : bus aussi nase que plein, je reste debout dans l'odeur de la coca et des haleines lourdes du sommeil de fin d'après midi... Quelques heures et je descends à Ollantaytambo. Là, dans ma chambre trop froide, je découvre un journal intime oublié, et me régale de ma découverte avant de sombrer dans des rêves de trésors perdus.

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