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Etape 6-8 > Le Brésil : Salvador de Bahia, épisode 3

Salvador - Andrea, Juliette et moi sous la pluie

J187

La colère de Chris qui répare les toilettes ce matin réveille la maisonnée... Casa do Benin, le prof au nom imprononçable apparait d' emblée comme un cliché : rastas multicolores avec pendentifs au bout, chaussons d' orteils... L'echauffement dure 3 plombes, le prof fait le clown et des cabrioles pour combler les trous, change la musique toutes les 3 sec... Chorés de samba et de samba reggae archi débutant, on s'ennuie un peu là. Plus le massage et l'embrassade ultra chaleureuse de la fin. Le trip paix et amour je veux bien, mais j'aime pas trop qu'on me prenne pour une guignolette. Je vais me faire mal au cours de Joana, psoas tout contracté... Aïeeeuh. Et la patate avec Vania. Trempée de sueur je rentre a la maison, constatant avec plaisir que les rues désertes ne me font plus peur. Autour de la table de la cuisine, conversations sur l'enseignement de la danse, la technique académique... Et la modestie.

 

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Si seulement il n'y avait pas de miroir au cours de Stephanie... Je ferais certainement pire mais au moins je ne le verrais pas! Et Jammie qui même à 9 mois de grossesse me met la misère avec son écart. Le soir, Lino m'encourage avec son sourire, je passe en phase "2". Le cours de Pakito me soule, trop de monde, trop de stars, trop de sueur sur la patinoire qui nous sert de sol. Corps et tête fatigués.

 

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Étirements pour commencer la journée. J'élabore des exercices pour "quand je reprendrai les cours". Vania ne peut pas me donner mon cours particulier, j'aurais au moins découvert le quartier 2 de julho, ses trottoirs qui débordent tellement de commerçants que les piétons marchent sur la route, rendant fous les automobilistes déjà un peu cinglés. Vania me ramène en voiture, le temps de bavarder, de découvrir qu'elle est aussi de la police militaire, car la danse ne nourris pas toute la famille. Le cours de Joana, la bonne humeur de ses élèves rondelettes souples comme du chewing-gum, le grand gai avec des lunettes et moi-même en mode ouh-ah-hi*. Enchantement du cours de Vania. Je m'échappe, trempée, pas envie d'aller "faire connaissance" avec la montagne de muscles qui me fait des yeux de velours. 

 

J190

L'impression que je progresse au cours de Stephanie s'effondre avec l'exo des chandelles retombées en grand écart. Avec Lino je passe en phase 3 "plaisir", avec Pakito je suis fiu. Je rentre sous la pluie sans parapluie, et m'attaque aux cheveux de Stephanie, tresses avec rajouts tête entière. Ce soir je suis coiffeuse. Quelques pages de "Orixas" de Pierre Verger et je tombe, épuisée.

 

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Un gamin de la rue m'a demandé de lui acheter à manger. Quand je suis revenue il n'était plus là. C'est l'histoire de la conne qui marche sous la pluie avec un sandwich à la main. Et je n'ai pas faim. Je retourne voir Stephanie sur scène, meilleure prestation, public sympathique... Pour la samba ce soir c'est mort, personne pour m'accompagner.

 

J192

Toujours pas d'eau. On écope la pluie sur la terrasse pour récupérer de quoi tirer la chasse.   On discute jusqu'à ce que Chris vienne étaler son machisme dans la cuisine où il n'y a rien de près quand il a faim. Je fuis. Besoin de sortir, même seule. Je vais donc au Musée d'art moderne pour écouter du jazz avec vue sur la baie dans une ambiance mixte de jeunes snobs, de vrais amateurs de musique et de voyageurs égarés. Je crois reconnaitre un couchsurfeur. Je me trompe. C'est comme ça que je rencontre Daniel et son pote, des gars sympas, avec qui je termine la soirée à parler d'Armandinho, de Danone et de somnambulisme au bar la Cruz do Pascoal sur une terrasse avec vue sur la ville. Quand la bière rend leur conversation moins intéressante, je rentre, j'habite à 2 pas.

 

J193

Pluie. On se promène du Pelourinho a la Cidade Baixa avec  Juliette et Andrea mon pote italien. Le MAM est fermé : Ivete Sangalo chante ce soir près du mercado modelo, du coup la route est barrée, donnant un alibi a tous ceux qui ne voulaient pas bosser aujourd'hui. Les vibrations qui pourraient provoquer l'effondrement des vieux immeubles alignés là n'ont l'air de préoccuper que les gens qui y vivent. Je rentre dans la chaude grisaille pour me faire tirer les cartes.

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