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Étape 6-7 > Le Brésil : Salvador de Bahia, épisode 2

Praia do Flamengo - Griiis 2

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Grosse crève... Des fois que mon thé aerius miel gingembre citron ne suffise pas, je m'arrête chez le velho preto : "le vieux noir" s'extirpe de sa chaise pour aller attraper un tube de poudre marron. Je renifle ça et ouuuh... Ça fait pleurer le nez comme les yeux! Escola de dança : quel plaisir de fouler le tapis noir! Joana, morena à l'âge indéfini entre 40 et 60 ans, me demande combien de temps je compte rester. Ça sort tout seul de ma bouche : un mois. Mon inconscient s'est exprimé, Salvador m'a accrochée. Alongamento pour commencer. La prof est toute douce, ce qui ne l'empêche pas de  nous faire travailler en profondeur. Je sens mon corps grandir, mes muscles se réveiller. Ça fait mal mais ça fait du bien. Au cours suivant c'est afro-brésilien et samba reggae avec une base académique, musiciens dans la salle, on chante en même temps qu'on danse, Vania a de l'énergie à revendre, c'est... Waouuh!!

 

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Je fais connaissance avec Stephanie, ma prof de Tecnica Silvestre. Pas de cours aujourd'hui avec elle, mais j'ai trouvé où loger! Le soir au cours d'afro le prof montre les pas vite fait et pim pam poum! Je n'ai rien vu, trop de monde... Dès que je tends un bras je gifle mon voisin. Plus la base académique qui me fait défaut, il n'en faut pas plus a mon cerveau pour commencer a m'insulter. "T'es nulle" "Tu sais rien faire"... Et plus je pense moins je danse. Au 2e cours, Tatiana est blessée, Pakito la remplace, avec un vocabulaire exempt de pédagogie. Je galère, frustrée, je sais qu'il ne manque qu'un chouia d'explications et un peu d'espace. Ce soir je visite ma future chambre dans le quartier Santo Antonio. Il faut d'abord jouer des coudes dans le public rassemblé au concert de Geronimo, puis passer dans la rue des pousadas et hôtels de luxe avant d'entrer dans une rue minuscule aux tags grisâtres. Ça me plaît.

 

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Je rumine ma dévalorisation. Le talent a-t-il besoin d'arabesque et de diplômes? Un accordéoniste en bas de la rue met mes soupirs en musique.  Les étirements de Joana et ses "legal" d'encouragement font du bien, de même que le petit discours de Vania qui rappelle quelques principes sur la diversité et la tolérance... Et pour les starlettes la porte est là. Dernière nuit à l'auberge.

 

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Méthode Silvestre avec Stephanie, tous les mouvements sont connectés aux éléments, les exercices requièrent une grande énergie toute en intériorisation, en respiration, en puissance. Je suis à la ramasse, mais j'aime. J'emmenage chez elle dans la foulée. Muuiiito legal d'avoir ma propre chambre! Ce soir je mets de l'ordre dans ma danse : 1- observation mémorisation 2- développement progrès 3- se faire plaisir enfin. Je suis en phase 1 presque 2. Au retour la mamie aux créoles roses me lance un "Dios le acompanhe" avec un grand sourire. Elle est rigolote avec son fichu sur la tête et ses yeux malicieux.

 

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La journée au ralenti, grise comme le ciel. Ce soir je vais voir Stephanie sur scène dans la pièce de Norma Santana "Sorria você esta na Bahia". Excellente création contemporaine avec un regard critique sur la condition des femmes dans la société bahianaise, les dérives du machisme... Dommage que le mec de la technique foire tout.

 

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Il pleut, je dégotte un salon d'epilation. Non, une salle de torture. Je repars le bikini en chantier. Et j'ai payé pour ça. Je passe le reste de la journée le nez dans les fringues de Stephanie... Son vrai métier c'est styliste. Je pouvais difficilement trouver meilleure coloc.

 

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Direction la plage avec Anthony, mon voisin français. Le trajet en bus est une vraie visite du grand Salvador. D'immenses centres commerciaux grignotent de grands terrains en bordure desquels s'étalent de nouvelles résidences ultra luxueuses et sécurisées. Autour, les favelas, les voitures, les panneaux publicitaires représentant des familles replètes, les travaux, les fils barbelés... Difficile de savoir si on a changé de ville en arrivant à Praia do Flamingo : l'urbanisme désordonné n'a marqué aucune pause. La plage est jolie malgré les trop nombreuses chaises de plastique jaune... Eau bleu-vert, sable blanc et palmiers, une vraie carte postale si on ne tient pas compte du ciel qui s'assombrit. 10 min sur le paréo et une rafale humide vient m'ensabler. La pluie colle tout ça. Bon. On se console avec des glaces avant de prendre le bus du retour, interminable. Je regarde la ville au rythme de mes paupières fatiguées, diapos qui défilent : plagistes, graffs, condominium aux carreaux reflétant le soleil revenu peser derrière la vitre, la mer, les arrêts de bus, les bijoux coloniaux cachés entre les barres de béton...

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