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Étape 6-6 > Le Brésil : Salvador de Bahia, épisode 1

Salvador - Largo do pelourinho

J175

Le Pelourinho. Sous le soleil, l'odeur d'urine attaque les narines. La rue est déserte en ce premier jour officiel de ressaca. La journée passe, a flâner avec Myeke dans le centre historique. Les écoles de danse sont fermées, il faudra attendre lundi pour danser. Un concert, je bouge un peu au son du axé (je savais pas qu'il fallait réviser les chorés), samba... Ambiance gringa cherche capoeriste musclé, musicien dreadeux ou danseur au regard de braise. On me demande si ça me dirait d'embrasser un bahianais. Não obrigada, j'ai déjà une compil sympa na França.

 

J176

Museo Afro-Brasileiro. Passionant. Les orixás gravés dans le bois par Carybé m'émeuvent profondément. Je reste un moment à décrypter les nuances qui existent entre Santeria cubaine et Candomble brésilien. Plus tard, l'étude sociologique que m'offre le supermarché n'est pas moins intéressante. Ici on achète en gros, et à crédit.  Le soir la vie s'éveille, la jenga et les pantalons blancs, la musique, partout. On ne sait plus où donner de l'oreille. Myeke, Cleber et moi nous arrêtons dans une petite rue où une minette à la voix douce susurre du forro et des standards brésiliens, repris en cœur par les gens assis là. Mon voisin de table m'offre sa candidature en cas de désistement de meu namorado et un gamin surexcité vient jongler avec des noix de coco, volant, le temps de récolter quelques pièces, la vedette à la chanteuse.

 

J177

Ce matin je beugue en écoutant les nouvelles du Japon. Sous le choc. Je déconnecte seulement à la plage. Quartier de Barra, pareil à Biscarrosse un dimanche de juillet, le nez dans les orteils du voisin. L'eau est agréable si on fait abstraction des déchets. Devant les maillots je me félicite de n'avoir pas pris trop d'argent avec moi... Concert de samba, je danse, je repousse les mains un peu trop aventureuses de mon partenaire. Et les avances de ses deux copines. Laissez moi danser....

 

J178

Encore un petit déj qui s'éternise autour du Japon. Encore la plage pour ventiler la tête. No complexe sur les paréos, des strings minuscules disparaissent entre des fesses énormes. Les bundas moyens sont rassurés. Au Pelô je me fais coiffer par une mamie aux dreadlocks grises tandis que des employés rangent les dernière décos du carnaval. Ce soir la crève s'installe, le blues aussi. Saudade.

 

J179

Le dortoir se vide. Fin de fin de carnaval. Je visite l'église de Bomfim avec José, accrochant mon voeu à la grille, avec les milliers d'autres rubans multicolores qui flottent au vent. Le coucher de soleil au fort de Montserrat est raté: le ciel s'obscurcit, le vent soulève ma robe et le sable qui pique les yeux, la pluie chasse les amoureux. Pourtant la vue sur la baie est magnifique, en camaïeux de bleu et de gris, intensifiant l'ocre de la plage et le vert des palmiers. En rentrant je goûte un délicieux acarajé, dont la fin s'engouffre dans la bouche d'un gamin affamé. Ses pieds nus, son oeil au beurre noir et son air illuminé par la drogue me bouleversent. Quand il attrape ma main, j'avoue, je surveille mon sac. Il voulait juste me faire un bisou. J'étudie les orixás au son de la bossa nova. Quand je viens voir le concert de plus près, je suis ébranlée par le spectacle que nous offre une jeune femme: elle s'est jetée par terre en criant quand le monsieur de la sécurité lui a demandé de sortir. Pleurant, hurlant, elle s'est accrochée a ma chaise. Je n'ai pas su quoi faire. Je n'ai servi a rien. Le barman lui a filé 2R$, elle est partie. Moi aussi. Plus le cœur à la fête.

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