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Étape 6-5 > Le Brésil : Recife, Olinda

Olinda - Casa

J170

Le bus traverse l'état du Pernambuco, paysage de cactus aux fleurs rouges. Un cimetière a disparu sous la végétation pourtant éparse, à l'ombre des arbres quelques croix multicolores dépassent discrètement. Tito me récupère à la gare, nous enchaînons métro et bus jusqu'à la cité U. Je rencontre sa désagréable colocataire Guinéenne. On ne s'éternise pas, vu l'ambiance. Direction le vieux Recife où le carnaval à déjà commencé. Slalom et zigzag, plumes, fleurs, costumes, bière en glacière... Nous passons sous le Galo, 20m de haut, coq géant de métal, mousse et papier mâché, pilote du plus gros bloco de la planète. Nous traversons quelques ponts avant d'arriver au marco zéro où des vedettes féminines du MPB font crier la foule. Ambiance gay au grand plaisir de Tito. Quand le concert s'achève il faut suivre le mouvement pour éviter d'être écrabouillé. La pluie soudaine fluidifie le trafic, nous filons nous entasser dans un bus où ça chante et ça crie, quelquechose des jeudis soirs bordelais et de début aout à Bayonne.

 

J171

Petit déj avec deux grandes folles. Je rigole bien. Un peu moins quand il leur faut une demie journée pour se préparer. Quand on finit par attraper le bus pour Olinda, la nuit ne tarde pas. Dans les rues bondées, les mouvements de foule me font peur. On piétine dans du pipi pour atterrir au milieu d'un clip des village people : les flics, les cow-boys, les bricolos tatoués... Ils y sont tous, dans un bain général de salive. Vite ras le bol. Je retrouve mon sourire dans une rue où défilent d'immenses poupées de papier mâché, cheveux de laine et sourire émail diamant. Les fans du Pernambuco en portent les couleurs, et le mini parapluie multicolore, accessoire du frevo, drôle de danse sautillante. La soirée continue à Recife où je dois retrouver ma copine Erly à la cabine de son. Tito m'assure qu'il reste sur le trottoir devant l'escalier. Rapidement -le temps de chanter Boa Sorte avec Vanessa da Mata- je renonce à fendre la foule compacte et retourne sur le même trottoir devant le dit escalier. Pas de Tito. Mon intuition me dit que je suis dans le caca : Recife, des millions de personnes dans la rue, il fait nuit, je n'ai pas de téléphone, pas le numéro de Tito, pas son adresse exacte. Zen. J'attends, en hauteur sur le bord d'une fenêtre. J'essaie de profiter de la fin du concert. Puis du début du suivant. Je me décide à demander de l'aide à un jeune couple de minettes. Il me faudrait juste internet pour récupérer le numéro. "Juste". La police est là pour décorer ou filer des conseils inutiles. Ils s'assurent seulement que j'ai de quoi m'identifier en cas de souci. J'hallucine. Au Plaza un gros porc dans son sofa me refuse l'accès internet car je ne suis pas cliente. Je lui souhaite de se casser une jambe et ressors dans la nuit avec les deux miss. L'arrêt de bus sans les bus. J'attends le jour.

 

J172

On est déjà demain quand les filles négocient un taxi. Je parviens à retrouver la maison. Le reste de mes thunes pour les remercier, et j'escalade la grille fermée, récupère mes talons jetés de l'autre côté, et vais gueuler sous la fenêtre de mon hôte. Personne. La porte de la résidence est verrouillée, je finis par somnoler derrière une voiture dans le garage, avec les moustiques et les puces de la vieille chienne du gardien absent. Vers 7h j'entends des rires dans la rue. La soirée a été bonne pour eux visiblement. Pas envie de me fâcher. Pas envie de discuter. Juste de me doucher et de trouver un cyber pour parler à mon chéri. Ce que je fais, tandis que les garçons s'endorment sur les canapés. Tito comprend quand je lui dit que je vais changer de couch.  Après-midi à Olinda avec Favio, donc, le couch de ma copine Erly et Jean-Pierre un canadien-gabonais qui trouve tout super, génial. En moins de deux Erly et moi perdons les garçons (spécialité?). Nous essayons en vain de nous intégrer à un bloco, où Erly n'apprécie pas de se faire attraper sauvagement les fesses par des gros cons qui l'insultent grassement. Ils cherchent la bagarre, on se casse. Finalement on est mieux dans les rues moins encombrées. Des familles ont installé la douche sur le trottoir, faisant profiter les passants du rafraichissement. Le pavé, les montées, les descentes, la couleur, le vacarme... Dans le bus la vitre explose, une pierre a été jetée, ne blessant personne par chance. Le carnaval c'est aussi des divertissements affligeants. Le temps de prendre mes affaires chez Tito -sauf la culotte qui s'est envolée chez le voisin du dessous en vacances-, le temps de se re-préparer, de re-sortir, et nous arrivons trop tard pour voir les Afoxés. On marche d'un pôle à l'autre, d'une scène à l'autre... Pieds en feu, dos en compote, 45h que j'ai pas dormi. Heureusement c'est men's night au Metropole, que des hommes de sexe masculin ce soir, les filles ne rentrent pas dans la "boate". Sauvée.

 

J173

Olinda encore. Costumes délirants : des filles en taxi, un mec plot de signalisation -mais si on danse?-, une famille de personnages Disney.... Les maracatus fendent la foule comme ils peuvent, nous les suivons en nous dandinant en rythme. Mes lasagnes pour tenir ce soir à Recife. Le pôle afro est bondé, malgré la pluie fine. Je suis coincée entre un bout de scène et une barrière, je ne vois rien, mais j'entends. La cérémonie des tambours silencieux a commencé, certains lèvent les mains. Soudain, la pluie s'intensifie violemment, il y a un mouvement de foule, juste le temps de me glisser derrière une enceinte pour ne pas mourir écrasée. La musique s'est arrêtée. Quand elle reprend, le ciel redouble de fureur, dispersant un public trempé. Me laissant un espace magnifique pour profiter à loisir des maracatus qui défilent, danseurs pieds nus dans l'eau sale, robes à cerceaux trempées, couronnes de travers. J'ai de l'eau jusqu'aux chevilles, les gouttes piquent mes yeux, j'essaie de ne pas penser aux urinoirs et au rats en amont. Les artistes sont là. Moi aussi. Je leur dit MERCI.

 

J174

Dormir, dire aurevoir. Passer la dernière soirée du carnaval dans le bus pour Salvador.

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S
<br /> Retour de Guyane pour moi la semaine dernière. Pour ma part ravie de ce séjour, c'est un endroit magique pour qui aime la nature et encore j'ai vu qu'une infime partie de ce territoire!! On a eu du<br /> soleil pendant notre séjour, c'est une chance! On a fait un détour aussi par le Brésil, à oiapoque, ville frontalière en bord de fleuve... Un autre monde pour moi!!!! J'imagine mieux ce que doit<br /> être ton périple dans des contrées tellement loin de nous, de nos modes de vie et de nos cultures... Et je t'en admire que plus encore! Merci de continuer à nous raconter cette belle expérience que<br /> tu as la force de vivre! Profite! Bisous de Bordeaux.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> salut ade je vois que le carnaval n'a rien a voir avec ceux de chez nous et les mecs ne sont pas galant. Chapeau pour ta demerde dans tout ça.Bisous on pense a toi<br /> <br /> <br />
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