Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Étape 6-3 > Le Brésil : Rio Amazonas, Ilha do Marajo, Belem.

Belem - Estação das docas 2

J156

Bus plein pour Santarem, bateau de midi à 14h, et activités familières : biscuits, lire et écrire. S'ennuyer.

 

J157

La rive n'en finit pas de s'étaler, l'horizon ne cesse de s'éloigner, et l'immense thé au lait sur lequel nous flottons incite au grignotage. Le soleil revient et entre 2 têtes à tresser le bateau est pris d'assaut par une nuée de pirogues pleines d'enfants, de femmes et d'hommes qui agitent bizarrement leurs mains en criant. Si on ne savait pas que ce sont des marchands de crevettes et de fruits, on pourrait croire qu'ils sont en détresse. Le soleil se couche, et j'apprends le forro sous une lune de loup-garou.

 

J158

Je fais garderie tout en observant la rive... Puis bientôt le port de Belem, ses combis VV, la favela qui s'étend à ses pieds, ce chaton au cri strident qui se traîne dans les détritus, et le silence nauséabond. L'hôtel dans lequel nous atterrissons n'est pas beaucoup plus accueillant : mélange de maison de retraite, hôpital psychiatrique et auberge de jeunesse... Ça sent le pipi de chat, une mamie aux seins tombants sous sa chemise de nuit raconte ses déboires cacateux, un monsieur se balade avec juste une serviette autour de la taille, et engueule le perroquet pour d'obscures raisons... On s'échappe au pré-carnaval où picole, pelotage et brega - musique de m... équivalent à Jean-mimi et son synthé fais un show au Macumba - sont les rois. Malgré le divertissant défilé de femmhommes, je m'ennuie.

 

J159

5h15 debout. Je somnole dans le bateau pour l'Ilha de Marajo, où nous retrouvons Anna. Du microbus pour Joanes je vois les maisons, petits cubes de béton posés çà et là dans le vert de la campagne. Parfois la route se résume à deux lignes de terre dans l'herbe. Un buffle désabusé nous regarde passer, la pousada est défraîchie mais les proprios accueillants, on reste. Les brésiliens à la bière, l'italienne au café, la française au soleil. Les pêcheurs rentrent avec d'énormes poissons chats, des chiens chassent des vautours qui s'envolent gauchement sans demander leur reste. La marée descendante laisse la plage se hérisser de pierres qui changent de couleur à mesure que le soleil disparaît.

 

J160

Petit déj avec le fleuve comme seul compagnon. Difficile de penser que cette étendue qui semble infinie, avec ses vagues et ses marées, soit juste une rivière. La rive opposée est à quelques dizaines de km, quelquepart en face. Les garçons ont fait l'erreur de parler politique, ça ne pouvait que tourner vinaigre: un futur ingénieur issue d'une famille aisée qui ignore ce qu'est la misère sociale, un futur prof de sociologie issue d'une famille modeste et qui déteste les œillères bourgeoises. Je mange vite mon riz et m'échappe loin de toutes ces mauvaises ondes. Heureusement je suis limitée en portugais. Quelques étirements pour dire à mes muscles que la vie de mollasson c'est bientôt fini, et je vais me promener entre planches abîmées, briques usées, et peinture écaillée. La rue est déserte. L'unique cahute du coin vend des hamburgers de buffle et diffuse un JT dramatiquement catastrophique.

 

J161 Salvaterra, 8h du mat. La plage pour nous. Sur une terrasse professeur Tournesol vient prendre notre commande, nous apporte ce que nous ne voulons pas, manque casser toute la vaisselle, court après une noix de coco... Le cirque sur fond de bréga insupportable. Dans les rues mortes nous suons sous le soleil violent en attendant le bus, puis le bateau. C'est l'heure des adieux, je retrouverai mes potes dans le sud. Ce soir un taxi m'emmène chez Analucia, qui m'héberge ici, à Belem.

 

J162

A force de me perdre, je prends le bus. Les rares endroits que je voulais visiter sont occupés par le tournage d'une novela, j'observe de loin. Je découvre le carimbo, les robes tournoient les pieds frappent le sol... en silence -on tourne!-. A la estação das docas un jeune homme me suit. Je fais des tours et détours dans les boutiques pour le semer, mais lui et son Tshirt jaune sont toujours là. Je m'échappe par un escalier et trouve refuge chez le glacier. Maintenant que j'y suis je vais goûter... J'attrape un bus sous la pluie, il fait gris, chaud, l'air est vicié. Je me perds encore. C'est moins marrant quand il fait nuit... Analucia apprécie mes crèpes de compensation émotionnelle et nous bavardons devant Big Brother Brésil (le loft, mais avec string et samba, forcément... Toujour s pas de cerveau par contre.)

 

J163

Analucia bosse à la maison, je glandouille pas loin. Il pleut. Soudain, c'est l'heure. Dans l'agitation de la sortie d'université je trace sur le trottoir mouillé, esquive le gamin craqué, la baraque de beignets et les tshirts fluos qui le squattent avant de monter dans le bus de nuit pour São Luis.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
S
<br /> heu non c pas pour encore :-) on profite de notre ptit nid d'amour et j'essaie d'avancer professionnellement aussi... voilou bisous<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> coucou chica!! mon rêve cette nuit: te rejoindre au brésil, à rio il me semble :-)donc heureuse de t'avoir revu même si ce n'était qu'un rêve... je t'embrasse très fort,bisous bisous bisous<br /> <br /> <br />
Répondre
Hey miss moi aussi j'ai rêvé de toi, tu avais un bidon tout rond! Avec un bébé dedans ;) Alors, alors.... ????
C
<br /> Coucou Adé, petit tour sur ton blog avant notre départ imminent (demain matin) pour la Martinique !! Toujours aussi génial de suivre tes aventures :-) !!! Merci de nous faire rêver ... Et c'était<br /> cool de te voir en forme et souriante lundi soir sur le tél de Fla, mais bon, on a quand même hâte de te revoir "en vrai" :-). Gros bisous et bonne continuation ...<br /> <br /> <br />
Répondre