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ARGENTINE - Étape 2 : Puerto Madryn, Peninsula Valdes et Punta Tombo

ARGENTINE - Étape 2 : Puerto Madryn, Peninsula Valdes et Punta Tombo

J17 - Baleine au vent

Je regarde le paysage monotone de steppe se dérouler à l'infini au rythme des sons des copains dans les oreilles. La matinée dans le bus s'écoule lentement. Nous arrivons à Pto Madryn en début d'après-midi, près de 24h après que j'ai quitté Maria et Sebastián.
La douche et le sandwich jambon ananas me remettent d'aplomb pour une communication intercontinentale relayée par Apple.

Je pars me balader sur le bord de mer avec Juliana et Pedro, les brésiliens qui ont voyagé avec moi. Du ponton on peut voir de gros loups de mer -de la famille des otaries maintenant que je sais!- se baigner dans le port, ils semblent d'une souplesse incroyable! La saison des baleines est terminée, pourtant nous avons la chance d'en observer une, volante, flottante, s'éloignant vers le large, laissant sans doute un enfant triste d'avoir perdu sa bouée...
Nous faisons des courses au carrefour market (eh oui même ici) avant de rentrer au Che Patagonia.
Dans le dortoir je fais connaissance avec Lola. Et comme on est françaises on parle de quoi? D'amour encore une fois.

J18 - Safari patagon

Excursion organisée à la Péninsule Valdés. Au début je mets en doute les qualités de guide de Valeria, trop coquette à mon gout. Je me trompe. Efficace.

La 1ere pause a lieu dans un petit musée explicatif de la faune et de la flore de la péninsule. Du haut du mirador on voit la Isla de los Pajaros, source d'inspiration de St Exupéry dit-on, pour le dessin du boa qui mange un éléphant dans le Petit Prince... et c'est vrai qu'elle a exactement la même forme. Une couleuvre fait la sieste sous les arbustes. Sur la route un "peludo" traverse en courant, énorme!! C'est la première fois que je vois un tatou!!! Plus loin des guanacos de la famille des lamas tortillent leur fesses.

Le 2eme arrêt a lieu à Puerto Pyramides, haut lieu de l'observation des baleines franches. Pas de chance pour nous, la dernière est partie avec son baleineau il y a 5 jours. Nous profitons néanmoins d'une très belle vue sur l'océan, sous nos pieds une quantité de fossiles incroyable.
En poursuivant la route sur les poussiéreux chemins de "ripio" nous croisons des ñandus (autruches) avec leurs petits, et j'aperçois un mara, sorte de lièvre à oreilles courtes.

Au 3eme arrêt l'émerveillement me gagne : non ce n'est pas une peluche, c'est un vrai pas en cage!! Juste là, à 2m, un pingouin de Magellan!!! Et en bas de la falaise, une centaine de ses copains qui se dandinent ou dorment sur le ventre. On dirait que ceux qui sont près de nous aiment être regardés et pris en photos. Ils prennent la pause, semblant arborer un sourire satisfait. Le vent est fort et en dépit du soleil je me caille en mini short, je remonte dans le van.

La 4eme étape est un tableau de maître. Mère nature a assemblé ici les formes et les couleurs à la perfection : la Caleta Valdes ce sont des ondulations de bleus, de gris, rehaussés par des dunes dorées et des modèles argentés, les éléphants de mer. L'un d'eux est au spa dans une des cuvettes formées par la mer. Un couple de pingouins se promène non loin.

A Punta Norte les éléphants de mer (avec une petite trompe pour les mâles adultes) côtoient les loups et les lions de mer (les mâles adultes ont une crinière) qui rugissent parfois (si si!) pour éloigner quelque rival. C'est la période de mise au monde, des "petits" de plusieurs dizaines de kilos tètent leur mère. En les observant au télescope j ai l impression de pouvoir les toucher! Certains éléphants sont plutôt blonds, ils viennent muer, retrouver leur pelage gris argent.

Nous retournons bientôt vers Pto Madryn, dans le van chauffé par le soleil. Valeria dit qu'il y à "olor a sueño".

En ville j'achète mon Billet pour Ushuaia, c'est 100€ de plus mais 30h de transport de moins.
La ville et le bord de mer ne sont pas charmants, je vais apprécier ma solitude sur une terrasse à l'écart avec une Quilmes et mon stylo. Le ventre vide, je suis le dallage du trottoir pour rentrer droit à l'hostel où Lola et les brésiliens m'attendent avec des pâtes pour encaisser la 2ème bière.
Je m'endors vite malgré le bœuf qui s'improvise dehors.

J19 - Ça vole vite un pingouin?

Pedro est malade, Juliana reste avec lui. C'est donc toute seule que je monte dans le van pour Punta Tombo. Mauricio le chauffeur, Mauricio le guide, la fille de Mauricio, et un seul touriste, Alberto. Prof de maths, lunettes, visière verte, t-shirt qui lui remonte dans le dos à cause d'une banane, coups de soleil sur le nez, cet italien est une caricature du vieux garçon. Il est gentil.
Après 2h de route nous arrivons à un petit musée. Mauricio nous presse de finir la visite, il juge que ce centre ne remplit pas ses fonctions pédagogiques et donc sans intérêt. De fait ce qui semble évident pour nous ne l'est pas pour tous les touristes : être discret, ne pas toucher les animaux, leur céder le passage... Car ils sont tout près, nous passent juste sous le nez. C'est nous qui sommes chez eux, pas l'inverse. Mauricio me raconte des cas où des visiteurs ont voulu kidnapper des pingouins, ou d'autres qui les agressent... Pauvres bêtes! Nous avançons lentement, nous passionnant pour chaque individu, chaque nid, chaque petit couvert de duvet, chaque bagarre. Pour se saluer les pingouins cognent leurs becs, ça fait un drôle de bruit! Les mouettes guettent les œufs et les petits laissés sans surveillance. Moins d'un jeune sur deux arrive à l'âge adulte nous explique notre guide. Je me retiens de rire quand Alberto demande à quelle vitesse volent les pingouins. Prof de maths, pas de svt... Les guanacos, bien moins hésitants que leurs voisins de Magellan traversent le sentier au galop, surprenant quelques promeneurs distraits. Des cuys restent à l'ombre des arbustes (à défaut de l'ombre d'un caleçon... Hum). Au bout du sentier les couleurs explosent, la roche volcanique rouge détone sur les notes de bleus de l'océan moucheté de gris, les pingouins qui pêchent et se baignent... Superbe.

Nous reprenons la route jusqu'à Playa Union où le chauffeur, sa fille et Alberto vont aller voir des toninas (dauphins blanc et noir) en bateau. Mon estomac et mon portefeuille me disent non à l'unisson.
En attendant leur retour je vais me poser au bout de la digue, dans un port particulièrement laid, sec et poussiéreux sous un soleil brûlant. Quand le vent favorable chasse les odeurs d'urine et de crevettes, j'avale mon sandwich en tentant d'apercevoir aux jumelles ce que les autres verraient depuis le bateau. Les seuls animaux noir et blanc qui passent dans mon champ de vision sont des mouettes qui poursuivent les bateaux de pêche rentrant au port et font la course avec les loups de mer.
Je m'endors au retour après avoir échangé musique et films avec Mauricio le guide.

A l'auberge je troque mon livre contre un autre, ça me fait quelque chose, mais Benji a dit "un livre c'est fait pour être passé". Done.

J20 - Lucha por un asado

Ce matin je prends mon temps. Playa au programme. Alors que je m'apprête à me caler avec mon carnet, Mariana me propose un asado à la plage. Comment refuser?

Je saute dans sa voiture, nous passons acheter du vin et de beaux morceaux de viande et filons vers la Peninsula Valdes. Elle me prévient, l'amie que l'on rejoint est toujours très en retard donc il est probable que nous fassions l'Asado vers 15h au lieu de 13h30. Pas de souci.

Nous arrivons à l'entrée du parc naturel où je risque de payer à nouveau l'entrée 130$. Mais devant le guichetier elle dit "somos de Trelew" en donnant sa carte d'identité. Ça passe!!! Je paye 15$ au tarif régional!! Légère économie de 12€!! Elle est toute excitée car elle ne ment jamais sur ce genre de truc... Nous rions comme des gamines et traçons à Puerto Pyramides. Ici les distances sont immenses, les gens ont l'habitude de faire minimum 2h de route pour se rejoindre quelque part. Moi je trouve ça looonnng... Nous mangeons un petit sandwich sur la plage, appréciant les formations rocheuses ici très étranges, comme des mini crevasses partout. Mariana prend des nouvelles de son amie vers 14h, la copine n'est pas encore partie de chez elle (1h30 de route). Nous décidons d'aller attendre au point de rdv, patienter sur la plage en face de la Isla de los Pajaros au lieu de cette station service sans autre intérêt que ses toilettes propres. Nous reprenons la voiture sur les chemins de terre, perdons le signal du téléphone, nous perdons tout court et finissons par nous arrêter au lieu dit. C'est vrai que l'eau est jolie, c'est vrai ça fait quelque chose de se dire que St Exupéry fut ici un jour, mais.... Le sable est dur et mouillé, le vent me souffle les poussières dessus... Et la copine qui n'arrive pas.

Quand après la sieste nous quittons les lieux, la copine débarque. Il est 17h. Mariana est un peu soulée, "oui on s'en va et la prochaine fois je viendrais pour dîner". Dans la voiture nous mangeons un délicieux gâteau chocolat kinito qu'elle nous a laissé pour se faire pardonner.

La viande et le vin dans la glacière ne demandent qu'à être consommés, alors le temps que la colère retombe on improvise l'asado à l'hostel, aidées par un gars qui traînait dans le patio. Ça tchatche autour de la viande grillée et du vin rouge, Émilie et Johan se sont joint à nous avec une salade composée, tout ceci nous tombe au fond du bide.

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