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Objectivo "Karla y Bruno's boda" // Étape 3 : De Heredia à Puerto Viejo

Objectivo "Karla y Bruno's boda" // Étape 3 : De Heredia à Puerto Viejo

J12 - Café Britt

C'est à 11h que K&B, rayonnants de leur nuit de noce, me trouvent encore un peu soûle dans leur canapé. Je crois que j'ai bavé sur un coussin... Ils se marrent.
Petit à petit tout le monde émerge et se motive, le tour de café Britt est prévu en début d'après-midi.

Visite légèrement théâtralisée qui semble plaire à tout le monde, l'assistance bon public entre facilement dans le jeu des 2 guides. Ç'eut été le lendemain d'un jour normal, j'aurais partagé avec vous la totalité du processus de la plantation jusqu'à la dégustation, de l'histoire, de la découverte en Éthiopie, des caprices du roi soleil, mais là... Demi cerveau. Il y a quand même des élèves studieux, comme Michel (le grand), qui s'applique à séparer les grains de café rouges des verts... Dommage qu'il soit daltonien!!! Éclat de rire général.
Dans le petit théâtre qui me fait penser à la scène de la visite dans Jurassik Park -je m'attends à voir le plateau tourner faisant apparaître une équipe de scientifiques penchés sur des éprouvettes-, la jolie demoiselle qu'est notre guide nous invite à comprendre le travail des maîtres torréfacteurs. Danielle la grande bouche et Benoît s'improvisent goûteurs. Je ne les connais pas bien mais j'ai l'impression qu'on a invité des amateurs de piquette à goûter un grand cru classé... Un grand moment d'impolitesse qui nous fait pouffer encore.
Des applaudissements clôturent le tour, et nous nous éternisons dans la boutique à chercher la promo la plus avantageuse, à goûter tous les cafés et les chocolats.

Diner dans le modeste resto à tapas à 2 pas de chez K&B, les bravas n'ont rien à voir avec celles de Barcelone, mais j'essaie de ne pas râler, ça ferait de moins une vraie française...


J13- Sola en casa

Je me lève tôt pour aller à l'hôtel où est logée la troupe, un vrai gros petit déj avec des fruits, des tartines, du pinto, voilà ma motivation. Puis tandis qu'ils partent tous vers Cartago et le volcan Irazu, je rentre à la maison avec la 206. Sans me perdre. L'église, le terrain de foot en face, le soleil qui tape si tôt, ma mémoire imprime chaque image, conscience que dans quelques jours il faudra dire aurevoir.

Ça fait bizarre et ça fait du bien, toute seule...
J'en profite pour étendre le linge, les slibards des gars, comme pour mes propres frères, faire un peu de ménage, reboucler mon sac, m'épiler -j'aime pas la cire froide-... Puis me mettre en maillot de bain (garder le haut car les voisins sont des ados) et me balancer dans mon hamac. Bouquiner. Écrire. Penser. Dialoguer avec mon amie avec un grand A, de l'autre côté de l'eau, là-bas, grâce à la magie d'Internet.

Ma tranquillité prend fin avec le débarquement du groupe, qui raconte la seule éclaircie de sa journée. Il nous faut un temps d'adaptation pour nous mélanger à nouveau mes coups de soleil et moi. Suis-je sauvage à ce point?
Le tarot accompagné d'un verre de rhum "en famille" me resociabilise. Je les aime bien tous, en fait. Je me sens bien avec eux. (Faire des cœurs avec les doigts).


J14 - Adélaweed

Toujours intéressant la dynamique de groupe quand il s'agit de prendre la route. Je m'étonne de patience devant l'inertie générale. Enfin nous démarrons, un convoi de cagouilles traverse la ville, il fait chaud. Galère avec la musique, c'est finalement la carte SD de Fredo qui nous sauve, accompagnant les paysages de plus en plus verts et humides de -M- ou de chansons romantiques -révélation de ses techniques de séduction-. Il pleut vraiment maintenant, les voitures et camion avancent lentement, on a l'impression qu'on n'arrivera jamais en bas de la cordillera central!
Pause pour un pique-nique pas sensas, debout dans la poussière d'un parking de bord de route à compter ce que chacun prend ou laisse, "le jambon c'est pour demain". Karla boude dans la voiture, "les repas c'est trop important", je reste avec elle, un peu à l'écart. Je la comprends, mais vu la taille du groupe (18pers) on s'en sort pas si mal niveau humeur! Bruno boude aussi, ça ne l'empêche pas d'avoir la gentillesse de nous amener des fruits. El marido ideal.
Le blind test continue dans la voiture, les inconnus, gwen stefani, et des trucs du lycée, références communes. Régression bien agréable.

Passé Limón ça sent la beuh, l'odeur entre par vagues dans la voiture, il y en a un qui est comme un fou à l'arrière. On se marre. Je me sens vivante.
Le soleil disparaît subitement dès notre arrivée à Pto Viejo, image de culs écrasés sur des selles de vélos surmontant des jambes qui pédalent vers un abri. Des blonds marchent sur le bord de la route, mouillés pour mouillés... Le village a changé, je le trouve plus bordélique, plus sale. L'effet champignon du tourisme.

Sous la pluie battante nous suivons en voiture le propriétaire des maisons louées dans la forêt par K&B. Une dizaine de km après Pto Viejo, la route monte sur la droite, un chemin de gros cailloux, puis la côte de la mort que Johan gère comme un chef, déchargé de 3 passagers. Je reste à bord, je me dis que mes 50kg ne changeront rien à un éventuel calage.
Là-haut on visite les maisons ouvertes sur les arbres, terrasses, hamacs, douches avec vue sur la végétation. Superbe. Il y en aura une pour les "jeunes" et une pour les "vieux".
Il était prévu que je me trouve un hébergement de mon côté mais les yeux complices de Karla et son doigt sur la bouche me disent que je vais pouvoir crécher avec eux! Je suis contente.

La pluie s'est calmée et le soleil n'est pas encore couché, nous en profitons pour aller à Punta Uva. Certains piquent une tête, les fesses à l'air même! Je les envie, l'eau est chaude. Bêtement je les regarde depuis le bord, peur de ma peur sans doute.

La team "yaris de Kim" retourne chercher de la gasolina pour notre after de première soirée. Du qui se boit. Et du qui se fume.
Pendant ce temps Wil travaille la braise. Délicieuses cotes de porc et patate douce au menu. Barbeuc de temps pourri. Barbeuc réussi.
La forêt est trempée, je redouble de vigilance face aux immondes limaces, mais c'est sur un pauvre gecko que je marche. Quelle gourde! Il détale.

Plus tard le pur contre le rhum me pousse à l'état second. Celui où on n'est pas beau. Celui où on est bête. Celui où on danse tordu, où on fait n'importe quoi. C'est dommage, d'habitude je suis rigolote avec quelques verres dans le nez. Heureusement beaucoup sont déjà endormis quand je fais mes offrandes à la pachamama. Le diner vole par dessus la rambarde, j'explore le sol de la douche. Un bienveillant m'aide à me coucher. Ça ira mieux demain.


J15 - Cahuita

Le plus dur c'est pas la céphalée, mais bien les contractions stomacales. Le riz au petit déjeuner ne m'a jamais autant paru approprié. Je me sens toute naze -je suis-, je décide quand même d'aller avec le groupe au PN Cahuita, marcher entre les arbres sous la pluie me fera le plus grand bien.
Mais d'abord une punition pour mon attitude d'hier : le supermarché. Je ne me formalise plus sur la grossièreté de certains, trop mal pour m'indigner. Petits pas de grand-mère et bras tremblotant pour constituer un pique-nique, je ne sais pas comment les garçons font pour gérer aussi bien la goma! L'habitude peut-être?

Le parc national est beau, et malgré l'interdiction de se baigner -l'océan charrie de gros troncs et tape dur aujourd'hui -, nous apprécions, trempés, le paysage qui s'offre à nous. En l'occurrence c'est moi qui m'offre à la pluie, je lave ma cuite et ma conduite. Je laisse passer le groupe afin de pouvoir uriner tranquille sur la plage, cachée derrière un tronc de cocotier. Jamais autant kiffé pisser dehors. Une vague vient aussitôt rincer mes pieds dans la soupe de corail.
Alors que le groupe s'émerveille devant sa petite tête blanche, un capucin attaque Michel. Jolie morsure entre deux doigts. Toujours se méfier des trucs "mignons". Plus loin, le pizote, le serpent liane et les bernard-lhermittes sont restés sages, eux.
A la pointe, certains font leur photo -devant autant d'appareils je ne dégaine plus le mien-, se font doucher par une vague, puis nous rebroussons chemin, les déchets du pique-nique dans un sac poubelle.
Karla et moi bavardons gaiement, j'ai re la pêche. Un cri aigu nous fait nous retourner, Renaud est en train de se faire déchiqueter la poubelle par un singe à l'air déterminé. J'attrape un bâton, mais rien n'y fait, les déchets se répandent par terre et l'animal revient à la charge pas le moins du monde effrayé par mon morceau de bois qui a volé en éclat au premier coup. Karla a une idée de génie, elle hurle "Ouvre le parapluie!!!". "Woof", et le singe s'éloigne. On lui laisse les peaux de banane. Johan est écroulé de rire, Bernard et Danielle, immobiles comme devant une télé, nous regardent ramasser les détritus. Renaud tente de calmer son pouls. On repart avec la poche éventrée. Et on peut se moquer du cri de fillette.

Le soleil repointe son nez, parfait pour une nouvelle session plage à Punta Uva. Je rêve de la sieste. Comme Karla et Ana, je m'allonge avec délice sur mon paréo, ferme les yeux, et... Une vague vient nous lécher les fesses, nous forçant à nous lever brutalement. J'aime pas. J'ai envie de râler. Ça colle de partout. Je finis par admettre que je ne dormirai pas, et reste assise dans le sable à regarder ce mystérieux groupe de 15 mecs baraqués qui scrute l'horizon. Devrais-je leur dire qu'aucune sirène ne viendra à eux? Ils ont l'air si plein d'espoir...
Côté français ça joue au foot et ça manie clope et bière en même temps, il manque plus qu'un saucisson. Ils sont beaux mes compatriotes!

Je vais à l'eau, histoire de me débarrasser du château de sable formé au fond de mon maillot. Les vagues sont grandes. L'eau délicieusement tiède. Un pur bonheur. Mes appréhensions se font plus faibles, on joue avec les copains jusqu'à ce qu'une nouvelle averse nous chasse.

Les caisses puent le chien mouillé. Un par un malgré les bancs qui invitent aux douches communes on se fait propre avant de filer au resto.
At Lydia's place le poulet sauce caribéenne et le rice and beans au lait de coco contentent ma panse bien guérie. Les gourmands ont les yeux qui pétillent, Karla est aux anges, mon plaisir est sonore. Avec le batido de banane, les plantains sucrées me font caler, les gars ne se font pas prier pour m'aider.

Nous rentrons, la mollesse toque à ma porte, et je suis désolée de ne pas rendre à Karla son énergie dancehall, mais sans les watts pas de jus dans mes pattes! L'ordi ou le téléphone dans un bol ne permettent pas de pousser le son.
Le hamac me happe. Le canapé me fait céder.


J16 - Le jour où Charlie

Ce matin les reins de Karla sont fâchés. En attendant que magic-monuryl fasse son effet, je reste à la maison avec elle, les autres partent à Manzanillo. J'organise la suite de mon voyage pendant qu'elle se repose.

La nouvelle est arrivée sur son téléphone -le seul qui a internet-, ils ont tué Charlie. Sous le choc nous passons de longs moments à en parler, à se désoler de la bêtise humaine. Et puis nous dérivons petit à petit, parce-que nos vies continuent. On revient à nos nombrils, un coin de la tête occupé désormais par cette triste nouvelle.
Tous trempés, les autres reviennent de Manzanillo avec des histoires de chutes dans l'eau, ils rient, on rit aussi. Ils apprendront plus tard.

On mange un bout, chacun son assiette, pour Karla et moi c'est quesadillas et tortillas aux haricots, rico! Ça blague, "casate" et "baila baila" revêtent un nouveau sens à la lumière d'un espagnol canin. La tête en l'air car il y a des congos dans les arbres, plusieurs bébés, c'est mignon. Les "vieux" mitraillent de photos et commentent grassement les 5 membres agiles de ces singes que l'on entend dès le réveil.

Et replage puisqu'il fait rebeau. Toujours le même spot, la même jolie baie bordée de cocotiers et de palmiers, à l'embouchure de la rivière. Un paresseux et son petit sont suspendus là, au-dessus des regards.
Je me jette à l'eau. Presque pas peur. Fière. Un vrai bonheur, sauter par dessus les vagues, plonger dedans, se faire rincer, essayer vainement de prendre la vague en pédalant et en ramant façon surfeuse de pacotille... Rire spontanément, n'être que dans l'instant. Dans le plaisir. Je renverse ma tête, ventre au ciel, le haut devient le bas, les nuages le sol, l'eau et le sable le ciel, les arbres une grande rayure verte au centre. L'ivresse sans la nausée.
Une fois de plus c'est la pluie qui nous pousse dans les voitures malodorantes. Les plus motivés ressortiront après la douche pour une session shopping en ville. Je reste à l'abri de la pluie et de mes pulsions acheteuses à la maison. Pipelette avec Johan et Renaud, Michel (le baleze) nous rejoint près du feu. A voir la pluie qui frappe la tôle on imagine à quoi ressemble la session shopping des 14 autres. On se réjouit d'être restés au sec, encore plus quand ils reviennent trempés jusqu'aux os, ayant fait pour tout achat un poncho.
Les saucisses au barbeuc piquent, l'unique gorgée de rhum aussi. Non, décidément, je vais attendre un peu avant la prochaine.

Et voilà, elle est déjà là, notre dernière soirée ensemble. J'attendrais demain pour pleurer. Pour l'instant on rit. Au tabou, Fred, Karla, Johan et moi mettons la branlée à nos 4 adversaires (1/4 de leur équipe étant trop imbibé pour jouer efficacement). Puis les adieux de Fred et Christelle qui bougent tôt demain matin.
Ya, unos besos y a acostarse en la hamaca. Mañana sigo sola.


J17 - Despedirme

Sentir mon coeur se serrer. Pleurer. Embrasser, étreindre fort ceux qui vont me manquer. Ne pas me retourner. Errer. Survoler le passé, ajouter de nouveaux souvenirs à cet endroit.
Partir, boucher mes oreilles au blabla anglosaxon avec un gros reggaeton. Sécher mes larmes et activer ma motivation.
Il faut poursuivre.

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