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Objectivo "Karla y Bruno's boda" // Étape 2 : San Joaquim / Barva and more

Objectivo "Karla y Bruno's boda"  // Étape 2 : San Joaquim / Barva and more

J5 - Vomi, amis, happy

La nuit dans le bus s'achève sur le passage de la frontière, un chien passe en revue tous les sacs, puis après une fouille succincte et un tampon sur le passeport je traverse le no man's land qui sépare la sortie du Panama de l'entrée au Costa Rica. Bernal, jeune tico au look de skater marche avec moi. Un autre tampon, puis une fouille encore plus superficielle : la policière se contente de tapoter mon sac en me disant "c'est bon, vous pouvez y aller". Ok. Je me dis que je ferais peut-être bien de me reconvertir en passeuse de drogue. Juste une fois! De quoi payer la maison en Dordogne, creuser une piscine et continuer à fuir au soleil l'hiver venu...

Le trajet se poursuit, bientôt 13h que j'endure au fond du bus. L'inconvénient de cette place c'est qu'on y attrape facilement la gerbe, l'avantage, c'est qu'on est à côté des toilettes. Je me lève brutalement au milieu du film avec Denzel Washington (pourtant prenant) et titube jusqu'aux toilettes, où le visage collé à la minuscule fenêtre, je regarde le paysage se brouiller en vert et marron. La chaleur moite qui remonte de la cuvette m'achève. Mon vomi sent le fruit. La salade de pastèque et d'ananas sans aucun doute. Un grand coup d'eau, 3 gouttes d'huile essentielle de menthe, et je suis d'attaque pour les 2 dernières heures de bus.

Quand Karla m'appelle à la sortie du terminal, l'excitation que la nausée et la fatigue avaient calmée remonte d'un coup. On est comme des balles, tellement contentes qu'on se met un coup de boule en se serrant dans les bras! On rit. J'embrasse Bruno dans la voiture. Je suis tellement heureuse. 6 ans que je ne l'ai pas vu, lui. Il parle désormais un espagnol tico presque parfait, et un fragnol de haut niveau.

Je les accompagne dans d'immenses magasins spécialisés dans les articles de fêtes, au plafond pendent des piñatas, et sur les étals multicolores nous choisissons des cotillons pour compléter les attirails de carnaval pour le mariage.

A l'aéroport, tandis que Bruno et moi faisons des tours pour éviter de payer le parking, Karla attend Fred et Christelle. Les policiers en font des tonnes pour repousser les hôteliers, leurs pancartes, et les familles qui attendent les passagers libérés au compte-goutte.
Après une longue attente, les voilà enfin, chargés comme s'ils venaient emménager!
A San Joaquim, dans la jolie maison de K&B, j'embrasse "les autres". Il y a à peine 2h que je suis arrivée et j'ai pourtant l'impression de tous les connaître, Renaud, Christelle et Fredo, les parents de Bruno, ses frères...

Wilfrid fête ses 60ans, c'est émouvant de voir ses 3 fils penchés au-dessus de lui. Ambiance rigolote en voiture, direction le Tigre Vestido pour dîner. La table de 10 est très joyeuse, une famille unie, un couple qui s'aime, des amis venus célébrer ça... Du bonheur en barre.
Les saveurs dans mon plat sont étranges, un quelquechose de liquide vaisselle qui me fait regretter d'avoir versé toute la sauce sur mon délicieux Mahi Mahi grillé. L'acidité des mandarines est étouffée par l'épaisseur du manioc en 2nde bouchée, je me régale, Benjamin et Renaud m'aident à finir ma pourtant minuscule tarte coco macadamia. Difficile de négocier avec Wil qui veut payer la note, je me sens gênée. Je me promets de trouver un moyen de le remercier plus tard.

Karla et moi rentrons à Barva, j'embrasse Kim qui nous ouvre dans un demi sommeil, le lit me reçoit généreusement.


J6 - Vivos y activos

J'embrasse Rosalba, puis la petite Alicia, il me faut du temps pour admettre que Kim est maintenant maman... La même Kim qui m'emmenait danser il y a 4ans... Je me sens vieille.

A San Joaquim chacun s'active en menus travaux dans les préparatifs du mariage : arranger des bougies, faire des guirlandes de fleurs, compter les petites pinces, poncer un cadre, faire des confettis, réparer une porte... Pas de parasites, on sent qu'on est là pour EUX.

Après des courses au supermarché où nous perdons 10fois les garçons goûtant ici une saucisse ou là un morceau de fromage, nous filons vers un parc récréatif un peu plus haut dans la montagne. La question qui nous habite : les zizis costariciens sont-ils xxl ou est-ce justement parce qu'ils ne le sont pas que l'on ne trouve que des capotes de cette taille là au super? On rit comme des gosses à qui on dirait caca-prout.

C'est dimanche, sur ce gigantesque espace vert bordé d'arbres et de sentiers, des centaines de familles sont venues ici pique-niquer, faire un barbeuc, taper la sieste ou taper la balle. Ambiance relax au soleil, avec de temps en temps un petit coup de vent sournois.
Pendant que Françoise et les garçons vont se balader, Karla et moi faisons quelques exercices d'assouplissement et de renforcement, bavardant en tête a tête, moment intime seulement troublé par un chien malpoli qui prend le joli sac de Karla pour un urinoir. Notre parano nous laisse croire que ces 4 garçons se sont collés à nous pour mater, je me détend quand je comprends qu'ils sont gays.

De retour à la maison un petit concours de gainage, les frères Carayon ont du mou dans les bras, Karla y yo les metemos la patada.
Puis de nouveau, les préparatifs, le plan de table, déplacer un invité, se demander avec qui il pourra bien parler... Et filer chez Rosalba, car Mauricio le grand frère de Karla, cet homme doux à la grande culture, doit mettre au point la cérémonie avec les futurs mariés qu'il unira lui même, prêtre de son état.

Je monte somnoler dans ma chambre, écoutant d'une oreille les échanges, en bas dans la cuisine.


J7 - Sardines maquillées en boîte

On profite de l'absence de K&B pour écrire en vitesse une chanson, moitié en français, moitié en espagnol, sur l'air des sardines, histoire qu'ils flippent en entendant les 1ères notes le jour du mariage... Synchros, ils arrivent quand on referme l'ordinateur.

On file avec Françoise et Karla chercher des bijoux assortis à nos tenues respectives de mariage. Je m'achète une énième paire de lunettes de soleil puisque j'ai oublié les miennes à Panama City (oui oui mes super polarisées réparées par mon opticienne préférée...).
Le chef Wilfrid nous a préparé une super salade composée pour que nous puissions repartir aussitôt avec Karla. C'est adorable. On trace au salon où la miss fait ses essais maquillage et coiffure. La nana qui s'occupe d'elle est assez désagréable à première vue, négligée en leggings et t-shirt basiques, les cheveux mouillés de sa douche récente et sans cesse un truc à grignoter à la bouche... Mais il faut admettre qu'elle bosse bien et qu'en dépit de la longue attente et de l'apparent jemenfoutisme le résultat est carrément satisfaisant.
Les boucles vont à merveille à Karla et ses yeux ressortent sous des sourcils fraîchement arrangés. Elle est belle ma copine.
Prête pour sa despedida de soltera!


Trop tard pour aller chercher la robe de mariée, on retourne se préparer à la maison. Karla atténue le maquillage et détend sa coiffure, se choisit une petite tenue soft, je passe ma robe crochet et me maquille, je fais la fille coquette, ce soir, on sort. A romper la pista.

Viviana nous emmène chez elle avec les 3 sœurs Alvarado. Le cours de cocktails peut commencer, dirigé par un professionnel peu décontracté. Un vrai cours magistral, le mec nous interroge, pression de répondre à côté et culpabilité de ne pas prendre des notes. Karla tente d'accélérer le processus des vidéos, nous les boissons, on veut pas seulement les regarder, on veut les goûter! Hilares devant un blinder cassé, on finit quand même par déguster Margarita, Cosmopolitan, Daiquiri fraise, inévitable mojito, et Piña colada, mon préféré - avec du lait concentré -. Affreuse tequila pour les amatrices de salé... On se réchauffe tranquillement, et je propose un petit cours de bachata à cette troupe de nenettes sympathiques. "Adé nunca tuvo alumnos con tanto ritmo"... Ça c'est parce qu'elles ne connaissent pas mes crevettes, les petites françaises poussent et n'ont rien à envier aux latinas.
Ça y est, le degré de désinhibition et d'échauffement semble être suffisant pour partir vers le casino. Karla repose sa paille zizi -qu'elle cache à chaque nouvelle gorgée- et garde ses oreilles de lapin fuschia. Étrange mais... Ça lui va bien!

Carré VIP, rhum centenario et tequila, 10 minettes en folie suivent attentivement les gages donnés à la future mariée. 1/ embrasser le crâne d'un chauve. Luisant de sueur, dégoutant, mais mission accomplie!! 2/ monter sur scène. Celle-ci surplombe carrément le bar devant lequel une dense foule danse, merengue, salsa, pachanga, swing criollo... Grâce à la complicité du patron et des musiciens, Karla se retrouve au dessus de tous ces gens, micro en main, à chanter et à faire crier les spectateur pour "Brunoooo". Surréaliste. Groupe d'hystériques en délire.
On danse, je ris en regardant les 3 beaux gosses surgonflés bouger leur booty dans des jeans ultrastrech, depuis le carré VIP je fais un battle muet avec l'un d'entre eux, tout surpris. Un gars tout rond du public est fan de moi, heureusement le rhum est une excellente excuse pour m'échapper.
On rentre en taxi enchantées de notre soirée. Ça n'aurait pas pu être mieux.


J8 - Duo d'amies

Je profite de l'absence de Karla pour imprimer les copies de la chanson surprise et file chez le coiffeur. Ça fait du bien de se faire chouchouter un peu... Je sais pas pourquoi j'ai dit oui au lissage, je ne me reconnais pas. No importa. En voyage on peut jouer à être quelqu'un d'autre dans la rue.


Je retouve Karla au magasin de Rosalba pour partir récupérer la robe de mariée. C'est un peu compliqué, il faut faire un dépôt en liquide, mais les distributeurs ne fonctionnent pas, il faut donc reprendre la voiture et les embouteillages, trouver une machine opérationnelle, revenir, et enfin, soulever la housse noire pour confirmer, émues, que les broderies, les boutons si délicats, la blancheur sont à la hauteur des désirs de la cliente.


Après quelques interminables minutes dans le trafic au soleil, stressant pour le voile qui pourrait se froisser, nous atteignons le centre commercial où nous sommes venues acheter des sous-vêtements. Mariée pas si conventionnelle, Karla est attirée par le fluo, je suis incapable de repartir de cette boutique sans un petit sac, moi aussi.
Je savoure. Quel privilège et quel bonheur d'être en tête à tête avec mon amie à quelques jours de son mariage! Chaque minute me donne l'impression à la fois que nous ne nous sommes jamais quittées et que nous rattrapons tout le temps perdu. Il y a comme une bulle qui nous protège de la foule dans les escalators du food-mall, des imbéciles machistes au volant de leur 4x4... Puis les courses en cette veille de 31 décembre, insupportables ici comme dans n'importe quel pays occidental, avec des queues sans fin de chariots débordants. Nous profitons du dernier moment de répit pour ranger les courses, je me moque gentiment de Karla qui frotte les œufs, puis la "troupe" débarque, faisant subitement monter le volume sonore.

Il y a à faire chez Rosalba, on s'enfuit élégamment.


J9 - Pâtisserie et feux d artifice

Tandis que Karla est à confesse, et que le clan des femmes Alvarado se fait les ongles, je squatte la cuisine pour faire rochers coco, gâteau au chocolat et tarte au citron. Difficile d'être efficace dans une cuisine qui n'est pas la sienne. Je fais tomber le bac à œufs, et je me retrouve avec du blanc à ne savoir qu'en faire, j'essaye la meringue sur la tarte au citron, pas convaincue... Et le four qui fume! C'est quoi ce bordel?! Je m'en sors pas si mal et quand les filles sont toutes là, les desserts sont prêts, il n'y à plus qu'à faire le reste.

Sofia et moi préparons la table tandis que Rosalba s'affaire avec le picadilloo, platano, arancache et chayotte délicieusement réduits... Miam!

Des verres, des boissons, des odeurs dans la cuisine, du vent qui claque sur la terrasse... Rosalba est toute chose, 29 personnes sous son toit, elle s'inquiète des palais français qui viennent goûter sa cuisine ce soir. Puis tout le monde se fait beau pour cette dernière nuit de 2014, j'applique mon mascara en me disant qu'en France, c'est déjà 2015.

Le groupe débarque, ils n'en finissent plus de rentrer. Rosalba porte un toast, spontané et émouvant au-dessus d'un verre de mousseux. Je pleure si bien que je ne peux pas traduire... Quelle fontaine!
Il faut lancer les hostilités, sinon chacun restera bêtement coincé derrière sa fourchette, ou plutôt sa tortilla. Purée de haricots noirs mon amour!!!!! Le picadillo de arancache déchire, tout le monde se régale, galérant un peu pour la prise en main des tortillas qui dégoulinent, mais quel plaisir!

Plus tard on danse accompagnés par la radio, -je regrette tellement d'avoir laissé mon poste dans la salle de bain- passant d'une leçon de bachata à un cours de salsa aussi brutalement que nous l'impose le speaker exagérément heureux de nous emmener vers la nouvelle année. Les costariciennes sont étonnées du rythme des françaises. Et toc ! ;-) Je fais danser Wil sur un merengue cardio interminable et Bruno qui se montre plutot bon en salsa!

Au dessert le sourire est là, les dialogues de sourds aussi, dus à la barrière de la langue entre francophones et hispanophones. Celui qui n'est pas japonais prononce à merveille le "pied au citron", provoquant l'hilarité. Tandis qu'on ne sait toujours pas quelle heure il est au Japon, minuit approche et avec, cette angoisse familière, ce bilan malgré moi "qu'as-tu fait de ton année? Et si tu faisais mieux pour la prochaine?", je chasse tant bien que mal d'éventuelles résolutions que je ne tiendrai probablement pas et me contente de regarder les feux d'artifices exploser de toutes parts. Et ça y est. 2014 est derrière. Les étreintes françaises sont plus froides et timides que celles de la famille de Karla. Mon amie me souhaite que cette année soit la meilleure de toutes. Ça serait pas mal que je me le souhaite aussi...


J10 - last night

Veille du grand jour. Je déménage chez K&B, une tranquille atmosphère règne dans la maison. Derniers préparatifs, on repasse les jolies robes et les costumes, on se fait les ongles, on reste au calme.
Au calme jusqu'à ce que la troupe et ses décibels débarquent. Nous profitons que K&B soient sortis pour répéter la "chorégraphie" et la chanson. Mener 10 quinquas bruyants et ultramotivés ne s'avère pas si facile, mais en 40min on a plié le truc. Puis les spaghettis bolos, le tarot... Et la maison se vide à nouveau, j'écris, je bouquine, je veille un peu dans le canapé de l'entrée.


J11 - Jour J

Je me lève pour accompagner Bruno sur les lieux de la fête, 2 cerveaux valent mieux qu'un pour les derniers détails. D'abord les fleurs, beaucoup de fleurs, j'ai l'impression qu'on s'arrêtera jamais de charger le coffre! J'enroule les tiges de papier journal et dépose délicatement les bouquets les uns sur les autres pour ne pas les abîmer. Rose et blanc.
J'ai l'impression d'être plus excitée que Bruno, ou peut-être maîtrise-t-il seulement parfaitement l'art de dissimuler son stress? Bob Marley emplit la voiture de son I wanna love you, très approprié aujourd=hui. On monte le son. La journée est radieuse, seulement un peu venteuse.
A Villa de los Lagos, superbe jardin paysager et espaces ouverts de reception, on vide la voiture de toutes les décos, toutes accompagnées d'instructions détaillées par Karla. La wedding planner rit en lisant les étiquettes, elle m'inspire confiance, elle saura tout gérer. Piétinant dans les caramboles pourries, Bruno et moi allons chercher l'alcool dans la réserve avec le gérant du site. Nous manquons briser le butin quand la remorque bascule sous l'œil du berger allemand, un air de "oh la boulette" sur la bouille de mon ami, soulagé de tout voir épargné. Mes yeux pétillent déjà à l'idée d'un verre de Flor de caña.
Tout est en ordre (meme l'heure à laquelle s'arrête le vent), nous filons.

Rapide traduction au salon de coiffure où Christiane et Françoise se font maquiller et coiffer, et retour à la maison. On mange. Dernier repas d'un condamné. Bruno se met à taper la balle. Plus nerveusement. Sa mère lui file de l'homéopathie. Il se détend.

Et puis on se pomponne. Les frères Carayon forment une belle brochette de beaux gosses. Benjamin et moi faisons un aller-retour express à Barva : il faut aller chercher Mauricio pour qu'il soit à l'église à temps. Heureusement que Benjamin a prêté attention à la route, parce-que là, comme copilote je sers à rien. Contourner l'église, tourner après le chinois, monter la côte de la pulperia, arriver devant la maison bleue, et ne surtout pas s'engager dans l'allée, on ne parviendrait pas à sortir en marche arrière. Je croise Karla l'air paniqué qui me dit "Dis à Bruno que si j'arrive en retard ce n'est pas ma faute", j'embrasse mon amie en lui disant que tout va bien aller. Mauricio est prêt, il tient son aube précautionneusement, et me la remet en montant dans la voiture. Je sens le poids du vêtement et de la responsabilité, je regrette soudain mon rouge à lèvres si proche de ce blanc immaculé. Marco, le prêtre guatémaltèque, impose a l'arrière de la voiture toute sa sérénité.

Nous laissons les deux hommes de foi à l'église et avons juste le temps de retrouver le reste du groupe a San Joaquim. Un bus loué pour l'occasion nous attend devant la maison.
Nous remplissons peu à peu l'église, Renaud et moi nous mettons à l'écart de la famille mais proche de l'autel, à quelques mètres des amies de Karla. Pas la meilleure idée puisque le flûtiste renifle régulièrement et que le haut-parleur se situe juste au-dessus de nos oreilles. Ça me donne envie de rire. Et l'église c est serieux. On attend un bon moment, tous sur le qui vive, puis le neveu et les nièces de Karla entrent. On se lève. Bruno entre, accompagné par ses 2 parents. Ça y est, je pleure. Comme si je pouvais sentir d'ici l'émotion étreindre la gorge de Wil et Françoise. Puis elle. Si belle dans sa robe de princesse, et ce voile, que je pourrais trouver ridicule en d'autres circonstances... Elle est parfaite, au bras de Rosalba, elle avance lentement vers son futur époux. L'orchestre joue, mais mes oreilles sont bouchées. Je ne vois que leurs regards, je ne sens que les souffles retenus, l'émotion qui plane.
La cérémonie est très belle, j'essaie de pleurer discrètement mais ce sont les grands flots, je ne peux pas m'arrêter! Wilfrid tamponne ses yeux, Mauricio à des difficultés à masquer son émotion, et ces deux-là qui respirent l'amour... Ce n'est plus une rivière, c'est un tsunami!
L'échange des vœux, toujours plus émouvant, laisse place à des applaudissements nourris, puis les pièces de monnaies et les clés tintent, laissant l'assistance française un peu étonnée devant cette tradition du treizain. Renaud et moi nous levons et nous asseyons comme les autres, un peu brebis égarées dans une foule de pratiquants. Quelques signes de croix, "et avec votre esprit" ou "amen" ressortent tous seuls, il faut croire qu'il me reste quelque chose du temps du catéchisme.

Les confettis si durement découpés pendant des jours volent sur la tête des jeunes mariés l'espace de quelques secondes dans le jour qui décline déjà. On s'entasse sur le parvis pour les féliciter, et on se dandine ne sachant pas trop s'il faut y aller ou s'il faut attendre.

Dans le bus l'ambiance est bien joyeuse, ça chante déjà, une petite répétition pour tout à l'heure et d'autres vocalises à soûler le chauffeur qui a pas l'air bien sûr de son chemin.

Au cocktail, les discours de Rocio/Kim et de Wilfrid/Benjamin rouvrent les vannes, je me dis que je ne suis pas assez deshinibée pour lire mon texte. Les amuse-bouches sont vite rangés, alors on migre vite vers le bar. Fred, Christelle, Renaud, les frères et moi trinquons et dansons déjà, les réserves de rhum diminuent rapidement. Après la 1ère danse classe et touchante de mes deux amis, la fête est plus que lancée. Je vole de la piste au photo booth, des suggestions pour la photographe (si, si j'ose!) au bar (suis-je vraiment la seule fille à partager les shooters? Je dois avoir une tête de beau-frère...), et dans ce mouvement perpétuel, Fred a l'idée lumineuse de me proposer de l'eau!
La piste est vite pleine, merci super Dj! Je crois que je danse avec tout le monde. Je m'amuse vraiment. Je ris. Je danse. Je danse chaque petite goutte de musique. Je bénis mentalement mes deux amis, qui méritent tellement ce bonheur contagieux. Ils sont incroyablement radieux.

Quand nous leur faisons la surprise de la chanson, K&B semblent contents, je fais un atroce duo avec Johan, et suis heureuse de constater qu'il n'y a pas de caméra pour immortaliser cet instant casserole. Heureusement, je sens une grosse dizaine de personnes pleins de bonne volonté derrière nous pour porter notre chef-d'œuvre! Merci la troupe!

Les lanternes montent vers le ciel, la douce Giannina est ma partenaire, notre décollage est réussi! Poétiques lumières dans cette nuit parfaite... Si on ne regarde pas celles qui restent coincées dans les arbres, et la flamme que j'éteins dans l'herbe a grands coups de talons! Le rire c'est de la poésie aussi. Parfois.

Après il y a le carnaval... Ou étais-ce avant? Je suis pied nus et les percus me font entrer dans une transe, impression familière dans l'échange avec l'un des tambours, l'échassier me surveille de là-haut, et je m'envole, ma tête, mes bras, mes pieds attrapent les sons du musicien, l'impression que si je pouvais monter encore je disparaitrais! Autour du groupe tout le monde est fou, chapeaux lunettes cotillons trompettes... Il n'est pas bien tard mais la fête touche bientôt a sa fin.
Un grand moment de bonheur que les amoureux ont su faire exploser autour d'eux et rejaillir sur chacun des invités. Ça a rejailli tellement fort sur certains qu'ils en sont restés couchés sur le parking, "faire une sieste", ou en on perdu un peu la mémoire...

Les invités se dispersent et dans le bus ça chante, des bouts de Renaud, et Johan, couché au fond du bus manifeste d'un doigt en l'air son envie de participer.

Un combat avec la porte d entree. Un verre d'eau, un doliprane. Y me cayo como caillou.

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