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CHILI - Etape 4 : Valparaiso

CHILI - Etape 4 : Valparaiso

J59 - La Sebastiana

Plusieurs tentatives pour réserver un lit depuis les téléphones publics de la gare routière, je râle, puis je comprends. Il faut appuyer sur "hablar" pour être entendue...

Des marches peintes me mènent à l'auberge, pleine de détails flippants, genre poupées fatiguées, napperons... je suis seule avec un Edgar bedonnant qui m'appelle "mi amor". Je m'échappe.

2 completos pour le petit dej (ça cale!), et je commence un "free tour" de la ville. Richard Blanchette, un septuagénaire du Colorado bienveillant est à mes côtés, j'ai envie de l'appeler Robert. Parfois, l'Histoire m'échappe, mon esprit vagabonde sur les murs, dans les textures... R-B se perd avec moi dans les rues, nous montons, descendons, prenons des ascenseurs, je lui traduis quelques gags du dessinateur Lukas, il me raconte sa solitude avec une fille unique qui a pour seul intérêt la Tv devant laquelle elle s'avachit tous les week-ends avec son mari et ses deux enfants, une ex endettée qui lui emprunte de l'argent... Lui, passionné de voyages et de photo...

Au fond du dédale, nous trouvons un trésor, une famille d'artisans loin des boutiques de souvenirs. Angela taille les pierres, assemble les bijoux, son frère tresse les fils, sa mère coud les pochettes. Elle appelle Richard Robert. C'est troublant.

Plus tard j'ai rendez-vous avec Pablo Neruda, dans sa maison idéale, poésie et architecture, après quoi, danse et théâtre en douleur, folie, nudité, et bestialité.

J60 - Eso si es vivir

Le voyage, une dégustation.

Visuelle,

Gustative,

Olfactive,

Tactile,

Auditive.

Lieu et temps, c'est la même chose. Un "moment", amplifié en couleurs, formes, parfums, goûts...

Sentir.

Mes pieds qui brûlent dans mes sandales usées. Mes mollets et mes cuisses contractés par tant d'escaliers. Le soleil sur ma nuque et mes épaules. La brise sur ma peau sèche.

Sentir. Écouter.

La rumeur de la ville. Les gens. Les voitures. Le vent. La mer. Un rire, des notes de musique, les mouettes, le grincement d'un ascenseur, des crissements de pneus.

Sentir. Écouter. Voir.

Rouge foncé le jus de framboise, au sommet le vert éclatant de la feuille de menthe. Brique, gris, orange. Toits de tôle. Beige. La peinture qui s'écaille.

Au-dessus du désordre se dressent. Immeuble, clocher, palmier.

Sentir. Écouter. Voir. Goûter.

Herbes fraîches, viande hachée, poisson. Completos, empanadas, helados, jugos.

Vivre.

Linge aux balcons. Plantes aussi.

Sur les hauteurs la création est libre. Couper, coller, peindre, écrire, tailler, recycler, récupérer, penser, rire.

En bas, le bullicio. Marché, port, cravates, dinero.

Loin, dans un fauteuil en osier.

La vie... C'est pas grave. C'est bon même.

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Magnifique !
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