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ARGENTINE - Étape 5 : Cueva de las Manos, Esquel, Bariloche

ARGENTINE - Étape 5 : Cueva de las Manos, Esquel, Bariloche

J31 - Passé présent

6h30, Perito Moreno Ciudad. La visite à Cueva de las Manos, unique intérêt touristique de cette localité, part à 7h. De l'autre côté de la ville. Toute pouillousse du voyage je traverse les 10 cuadras aussi vite que possible pour arriver à temps. Je transpire dans mes sous-vêtements thermiques, moi qui trempait déjà dans mon jus. 6h55, le gérant de l'hôtel me dit que la sortie n'a lieu que les jours pairs. On est le 9. Bon ben je vais prendre un petit dèj alors, et une douche aussi.

Retraversée de la ville en sens inverse jusqu'à l'office du tourisme. La jeune femme qui me renseigne a un tatouage en arabesques qui couvre une partie de son visage et descend jusqu'entre ses seins compressés dans un t-shirt trop moulant. Son imposant fessier prêt à faire exploser les coutures de son jean me force à détourner le regard quand elle raccroche le téléphone et se tourne avec un grand sourire métallique pour m'annoncer que j'ai une sortie à 14h. En attendant je vais boire un café dans un espace dédié à la culture locale, bientôt rejointe par Ayelen et Bernardo coincés ici depuis 5jours faute de stop productif.

Dans une voiture impeccable, Hugo m'emmène avec un couple de Bariloche sur la Ruta 40. Il a tout du mercenaire et rien du guide, il répond en grognant aux rares questions que nous lui posons. Je me console avec le paysage qui nous offre subitement un vert canyon au milieu de ces grises et sèches vallées. Splendide. Les galères de transport c'était pour mériter l'endroit. J'imagine les premiers nomades arrivés sur place, voir cette oasis comme une bénédiction... Eau, gibier, abris...

Sur place la "rando" se résume à marcher en file indienne derrière notre guide, le long d'immenses parois rocheuses surplombant le canyon. C'est très émouvant de découvrir des peintures rupestres pour certaines âgées d'environ 10000 ans... Des empreintes de mains dans la grande majorité, et des scènes de chasse au guanaco d'une infinie finesse : ces messieurs dames de l'ancien temps peignaient déjà au pinceau (en poil de guanaco ou en plumes). Les techniques sont variées et bizarrement les motifs les plus récents (-3000) sont les plus grossiers. On ignore le but de ces peintures, rituelles, initiatiques, éducatives, calendaires... Peut-être juste les prémices du street art, ou directement des tags minables disant "mort au chef"? Qui sait? L'état de conservation est remarquable, mais nous n'avons pas le temps de rêver, méditer ou de pousser la balade près de la rivière entre les arbres car le lieu est protégé par l'UNESCO, et on n'y peut rester qu'une heure. Dans la voiture, quand je dis à la dame de Bariloche que j'enseigne la salsa cubaine je suis heurtée par son éclat de rire si spontané : "Une blonde qui donne des cours de salsa!!!!!" Et elle ne peut plus s'arrêter. Le rouge aux joues et les oreilles brûlantes, je fais redescendre la pression comme je peux.

Au village je récupère mes affaires et me mets en tête de partir en stop vers Esquel. Un peu ambitieux à 19h30, pouce tendu dans le froid et un vent qui ne blague pas. Les gens me font des signes bizarres que j'interprète de mille façons mais qui veulent tous dire que je reste ici à me peler. Je me donne du courage en chantant, sifflant, inventant des rythmes, monologuant... Un pick up avec 2 jeunes met les warnings et freine à ma hauteur. Au moment ou je m'approche de la poignée ils redémarrent a toute vitesse en se marrant... Les enfoirés!!!

Heureusement Ayelen et Bernardo m'ont gardé une place dans leur tente, et vu la température, on n'est pas trop de 3 pour passer la nuit.

J32 - Pegados

Courbaturés de la nuit trop froide, il nous faut un moment avant d'être opérationnels. A 3 au bord de la route, on s'efforce d'avoir l'air sympa. Pendant que personne ne nous prend j'imagine le bus du soir qui se remplit, amenuisant nos chances de quitter ce bled sans charme. Au bout de 2h je me rends à la gare routière, il ne reste que 5 places, je paye la mienne et essaye en vain de joindre les copains. Finalement nous partons pour Esquel vers 20h après une interminable après-midi d'ennui et de cochonneries à manger. Je prends un peu l'air dans la rue General San Martin déjà parcourue en long en large et en travers. Le soleil se couche derrière la vitre -et derrière mon voisin asiatique qui ne me laisse pas beaucoup de visibilité-. Je me tourne vers le film pour un fou rire d'1h30: fond de poubelle de vidéoclub, nous anticipons chaque scène de ce pathétique navet made in USA.

J33 - Esquelvasereposer?

Les argentins ont continué jusqu'à El Bolson en faisant semblant de dormir. J'arrive à Esquel à 4h30 du mat, me glisse dans le dortoir endormi et savoure le toucher du matelas, j'en crierais de bonheur!!

2h plus tard mon réveil sonne et je vais me préparer pour visiter le PN de Los Alerces. Je somnole jusqu'au dernier arrêt du combi. L'allemande et les 2 argentines de l'auberge ont l'air de toutes vouloir marcher ensemble, comment leur dire que je préfère être seule? Sur le Lago Verde entouré de montagnes un ponton me tend les planches. Un couple squatte déjà au soleil, nous engageons la conversation et restons à bavarder et à regarder les truites passer un long moment. Puis je récupère ma solitude et part avec elle me promener. Au bord de l'eau je marche entre les "arrayanes", ces arbres délicatement torturés, à l'écorce orange vif. Les eaux du lac en nuances cristallines de turquoises renvoient des reflets argentés. Du sentier qui les surplombe, l'envie de sauter n'est réprimée que par les rochers acérés. Je croise quelques promeneurs polis, admire encore et encore les couleurs, le vert, le bleu, les orangés... Marche sur la passerelle qui ondule lourdement, et m'engage sur un sentier fréquenté par les pumas. Un panneau explique le comportement à adopter : ne pas se promener seul (raté), ne pas lui tourner le dos, agiter les bras au dessus de la tête et en cas d'attaque "se défendre agressivement". En vérité j'ai très envie d'en voir un apparaitre, sauf au moment où je dois m'accroupir dans les fourrés pour soulager une envie pressante...

Je respire et profite de la marche entre les arbres, certains centenaires, puis descends vers une plage lacustre où je m'allonge pour une petite sieste. Deux condors passent au dessus de moi. Grâce et légèreté.

De retour en ville je me fais prêter un VTT et pédale à toute vitesse pour avoir une chance d'obtenir le dernier billet disponible pour Bariloche. Juste à temps!!

J34 - "faire strudel sberg"

Arrivée à Bariloche. La vue du lac Nahuel Huapi depuis la chambre de l'hotel est tronquée par un arbre et de nombreux fils électriques. Il fait chaud, je ressors les nus-pieds, alegria!! Je fais rapidement connaissance avec Lorena et Maëva, une italienne et une française avec qui je pars à Colonia Suiza. Le bus longe des lacs d'un bleu profond, contrastant avec le vert des arbres. C'est incroyablement beau. Nombreux chalets affichent "no hay lugar", la saison estivale bat son plein. Le bus bondé vomit ses scouts, mochileros, artisans et touristes sur un chemin de terre. Un chien nous accompagne à une petite cascade, la fraîcheur est agréable. Jolies vues en revenant vers Colonia Suiza. La feria de los artesanos est sur la fin, pas plus mal pour le portefeuille. Nous goutons néanmoins un strudel local, et un licuado de mûres. Dans le bus de retour l'ambiance est joyeuse, un harmonica et tout le monde chante "woooooho! tan solo...", rock nacional, la drogue des argentins apres le maté. De nuit, le centre ville de Bariloche n'a rien de charmant à mon goût. Une série de commerces, nada mas.

Dans le patio de l'hôtel Lorena entame la bière avec les argentins, la conversation hautement financière et économique ne m'intéresse pas, je ne tarde pas à me coucher.

J35 - Pas comme les autres

Ce matin je prends le bus 50. Pas envie de faire comme tout le monde le "circuito Chico". Je pars de mon côté à la "Cascada de los duendes", puis je grimpe au mirador du Lago Gutierrez où je peux écrire en paix et faire la sieste à l'ombre d'un rocher dans un décor parfait.

Le trajet du bus est ponctué d'arrêts décorés de mosaïque, quelques plages de rochers... Je marche un peu dans le centre, je rêve de manger une truite, et je termine dans un resto de pizza a volonté avec le groupe de l'hôtel. Ce n'était pas exactement la conclusion idéale de ma journée. J'ai fini par faire comme les autres.

J36 - Rapides transitions

Pack. Check out.

Rdv chez l'esthéticienne. Après plusieurs expérience latino-américaines douloureuses je me méfie un peu en confiant mon maillot à la jeune femme qui m'ouvre une porte de plastique en accordéon. Pas de serviette ou de papier sur la table. Pas de talc. A la dure. Étrange technique : elle applique d'abord une petite quantité de cire qu'elle laisse bien sécher (assez pour me faire paniquer), puis recouvre d'une deuxième couche extrêmement large -eh!!! J'ai pas demandé d'épilation du nombril!-, ajoutant du suspens à l'impression de porter une culotte de chasteté en cire : vais-je récupérer mon matériel entier, où gardera-t-elle des morceaux? La torture aura duré 15min, 5€, et je peux marcher normalement. Ouf.

Je me dépêche de récupérer mes affaires et arrive à temps pour mon bus. Bariloche-Neuquen, Neuquen-Mendoza. Concordance de transports et de timing, demain je boirai du vin!!

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