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ARGENTINE - Étape 1 > Buenos Aires

ARGENTINE - Étape 1 > Buenos Aires

J11 - Grand

Sur le plan, la rue de mes couchsurfers n'est pas loin. Si on ne tient pas compte de l'échelle. En réalité je marche des kilomètres avec mes deux sacs dans la chaleur étouffante de cette si grande capitale. Je m'accorde une pause et un jus de fruit chimique avant de repartir, têtue, pensant pouvoir traverser près de 3 quartiers à pieds. Les explications concernant les bus étant très floues je finis par prendre un taxi. 50$ plus loin j'entre dans le hall d'un immeuble. Au 10eme étage je fais connaissance avec Maria et Sebastian, en plein dans les cartons de leur déménagement imminent.

La soirée passe au gré de conversations et de découvertes musicales et politiques intéressantes, de "lo que no contó la tv".

La sieste de présortie se transforme en nuit de sommeil, KO todos.

J12 - Marcher

Plaza 5 de mayo, des panneaux partout pour réclamer le statut d'ancien combattant pour les soldats oubliés des Malvines. Je discute avec l'un d'entre eux, depuis près de 20ans le campement n'a pas bougé, le gouvernement non plus. Je continue à marcher. L'obélisque près du père Noël de coca cola a quelquechose de bizarre en plein soleil.

Teatro Colon, plus de places assises pour le lac des cygnes (oui oui on peut aussi le voir debout). J'opte donc pour la visite guidée de ce magnifique théâtre, décoré de marbres, mosaïques, lustres et sculptures importés d'Europe... Splendide. Tandis qu'une danseuse prend ses marques sur le plateau notre guide nous raconte la magie qui tombe du plafond : caché derrière le lustre, un espace est dédié aux cœurs et à quelques musiciens. Le spectateur a ainsi l'impression d'une musique céleste, magnifiée par une acoustique parfaite. A la fin, je ne sais pas pourquoi, j'accepte d'aller déjeuner avec Hernan, qui a également fait la visite. Grosse erreur : je me retrouve dans une parilla fast food de grand centre commercial bondé 3 jours avt Noël. Je croque un morceau de viande non identifié, appétissant, rond et grillé... un ignoble jus crémeux se vide dans ma bouche. Les dents serrées je demande à Hernan d'attendre que j'avale avant de me confirmer que se sont des viscères. Malgré une conversation explicite Hernán ne semble pas comprendre que j'apprécie la solitude et qu'il ne me séduit pas. Je mets les formes et abandonne ce gentil boulet.

Et je marche seule (dans les rues qui se donnent etc etc), je regarde les gens, des ados aux cheveux rouges ou bleus, super branchés, skate et sac à dos clouté... les façades des immeubles, le lierre, les arbres, le vert qui orne les rues plus étroites ici. Av. Santa fe, j'entre dans l'ancien theatre El Atheneo, transformé en une magnifique librairie. J'y prends un café avant de continuer à parcourir la ville.

Dans le quartier Recoleta le cimetière est fermé, alors je déambule entre les stands d'artisanat de la plaza Francia, rien qui attire mon attention. Par ici les grands parcs sont bordés de statues gigantesques et d'avenues démesurées. Un coureur me propose de prendre une photo. Il s'appelle Francisco, sympathique argentino-bolivien. Nous engageons rapidement la conversation, et il m'accompagne à la foire aux livres de plaza Italia. Nous marchons longtemps avant de commencer à chiner, non loin d'une messe en plein air au milieu de la rue. Je dégotte l'intégrale de Mafalda à moins de 25€ (en fait prix normal mais ça je l'ai su après seulement). Nous papotons gentiment avec Francisco qui se moque de ma réticence à négocier, puis je repars vers l'appartement.

Je me brûle les pieds à piétiner sur les gris trottoirs de Palermo entre dvd piratés, plantes et t-shirts bons marché. Des kms encore. Les cuadras sont si longues!! Je dis à mes jambes de se taire. Elles me portent à destination. Juste le temps de me doucher et nous ressortons boire un verre avec mon ami Santiago reçu l'hiver dernier à la maison . Le trottoir s'anime vers 23h, et malgré le passage de 2 party bus reggaeton et cumbia à fond, je ne rêve que de dormir. Tous dans le même cas. Go Home.

J13- Touriste typique

Grasse matinée dont je m'extirpe difficilement.

Caminar mas dans la chaleur accablante. Le centre est plutôt animé en ce dimanche, nombreuses boutiques ouvertes, artisans cuvant près de leurs bracelets en macramé... La feria de San Telmo consiste en une interminable enfilade de souvenirs, vêtements, artisanat, musiciens, mimes... et s'étend jusqu'a la limite du quartier de la Boca. J'avance relativement vite, entrant parfois dans une brocante, m'arrêtant sur un vieil objet surestimé... Besoin d'énergie, je fais une pause à l'angle d'un parc dans un restaurant au service extrêmement lent. Délicieux flan maison au dulce de leche et licuado banane, excès de calories englouti jusqu'à l'ecoeurement. Je me remets en route, zigzagant dans le quartier de la Boca au gré des couleurs et images qui m'attirent. Près du stade 3 jeunes qui veulent que je les photographie, des ballons qui précédent des enfants. Quand au milieu de ce quartier populaire un tantinet détruit surgissent de nombreuses boutiques de souvenirs, je déduis être arrivée à Caminito, la rue la plus touristique de Buenos Aires. Des animations pour les touristes, danseurs de tango, chacarera ou flamenco plus ou moins bons, des serveurs animateurs club med "aplausos fuerte para nuestros amigos estadounidenses", hypocrite va. Je parcours la cuadra de maisons de tole colorée, pittoresque exagéré, puis me promène dans les rues parallèles de ce quartier dit "dangereux", surveillé par la police. Ma jupe est courte et mon sac petit, couleur locale je ne rencontre pas de problème.

Je retourne vers le centre en bus, abrutie par la chaleur.

Galerias Pacifico, shopping pour gens plutôt friqués ou très endettés. Pas ma taille pour cette jolie robe, ça commence au 40, et vu la moyenne pectorale des argentines je comprends pourquoi. Comment ont-elles des seins si gros???!! Au rez-de-chaussée, le centre culturel Borges propose un spectacle de tango passionné, modeste, propre. Pas de paillettes. Du coeur. 4 danseurs et 3 musiciens. Privilège d'être la seule touriste et de payer comme les argentins, double satisfaction.

Après, la fatigue et le flottement post-spectacle me font tourner et virer à la recherche du metro. Acabar con mis piernas. Regresar muuuuy tarde.

J14- La meilleure bière

Je traîne un peu, avant de retourner vers Recoleta. La visite du cimetière sans arbres ni ombre s'avère pesante sous le soleil. Je passe voir Eva Perrón et quelques inconnus dont les araignées sont la seule compagnie.

Sac sous la tête je fais la sieste dans l'herbe plaza Francia -après tout c'est un peu chez moi-. Le jus d'orange pressée du marchand sans dents me redonne un peu la pêche. Marcher encore jusqu'à fatiguer. A Palermo la bière fraiche est ma récompense. Je regarde les gens, les tatouages de la serveuse, la chirurgie d'une vieille derrière des lunettes de grande marque, le tic nerveux du serveur... Puis je rejoins la novia de Santi pour un resto a Belgrano. La demoiselle est enceinte, pas prévu. Improvisation de consolation. Ce que veulent les femmes.

En repartant je dois combiner les transports pour récupérer les clés du nouvel appartement de Maria et Sebastian dans une pizzeria. Encore quelqu'un qui m'indique la mauvaise direction. 3 cuadras de plus, comme je suis pas fatiguée...

Très joli nouvel appart avec un palmier gigantesque au niveau du balcon. Je ne tarde pas à tomber après une autre longue et agréable charla avec mes hôtes.

J15 - Noël étrange

La pharmacie du coin de la rue vend de la cire à épiler au milieu des chips et des bonbons. J'ai failli croire que c'était une épicerie dis donc! Enfin ce petit pot m'évite d'être torturée par quelqu'un d'autre que moi-même. Le temps de préparer un fondant au chocolat pour mes hôtes et me voilà prête à profiter de la "pileta" (piscine).

Santiago et Sebastian m'aident à joindre la centrale des bus, et me confirment que contrairement à ce que j'avais lu, le 24, pas de transport à Pto Madryn. Je suis un peu blasée, Maria et Sebastian vont dans leur famille, Santiago aussi, et des 2 côtés c'est suffisamment compliqué pour ne pas ajouter une française. Aaah Noël et sa magie!!

J'accompagne Santi trouver un cadeau pour sa tante qu'il ne connait pas et pour sa chérie. Il m'accompagne pour mon billet de bus, puis nous mangeons "la meilleure pizza de Buenos Aires", pâte épaisse mais pas molle, fromage en quantité mais pas écœurant, poivrons fondants mais pas gras, c'est vrai que c'est pas degueu!

Je dis aurevoir à mon copain, préoccupé par la grossesse. L'avortement est illégal en Argentine, et au fond lui se verrait bien en papa... Ay amigo, que decirte? Damelo!

Piscine du coup. Et le fabuleux réseau du couchsurfing sauve mon réveillon : à 10 rues de là, un couple de colombiens organise un Noël international avec que des tout seuls du Cs. Chacun vient avec une spécialité de chez lui, son pays ou sa famille. Quiches, crêpes, pain d'épice, fondant choco crème de marron (le dernier c'est wam ;-)) côté français, sandwiches de miga, buñuelos, côté argentin, natilla et riz au coca-cola côté colombien, crêpes crevettes champignons et rôti de veau aux câpres côté italien, la Norvège avec des œufs mimosas, des biscuits sablés pour l'Allemagne, et un étrange saumon fumé moutarde sur abricot sec pour les états-unis entre autres mille petites choses. Le tout est copieusement arrosé et agrémenté de musique de nos différents iPods. Les conversations vont dans tous les sens, on danse, animation reggaeton me toca, un duo de tango argentin, samba et forro brésilien, carnaval et salsa colombienne...

A minuit les pétards et feux d'artifice explosent dans la rue... C'est toujours bizarre Noël au soleil, chaussures ouvertes et top! Je rentre à pied au petit jour après une délicieuse soirée inattendue.

Felicidades à todos!!!!

J16- Patience

Je boucle la valise et profite une dernière fois de la piscine avec Maria y Sebastian. J'espère avoir le plaisir de leur rendre service à mon tour quand ils viendront en France.

Le taxi m'emmène à Retiro, je mesure en voiture les distances parcourues à pied ces derniers jours. Le bus n'est pas là, je m'inquiète de l'avoir raté. Quand il arrive enfin au bout d'1h, l'inspection décrète qu'il ne peut pas rouler. Le groupe de râleurs que nous sommes est laissé sans plus d'infos, nous finissons par partir avec 4h de retard. La vieille aux cheveux rouges veut le remboursement de tout, même de ses calmants, et on est tous agacés et fatigués. Je m'enfonce dans mon siège "cama ejecutivo" et sombre avec la musique dans les oreilles. Enfin un peu de repos. C'est sans compter le film, comédie de noël americaine à la con ultra bruyante qui me tire du sommeil. Je ne peux pas entendre mon son pourtant à fond, ma tête enveloppée dans mon paréo et sous la couverture du bus. Je pète un plomb : "Pero en serio ??!!! Bajaaaa!!!!" On nous sert un repas. Quelquechose entre la soupe et la purée... et le vomi. Non merci. Mon humeur est massacrante. Et je vois le jeune homme remettre un DVD. Je me lève et lui dit que je ne supporterai pas un autre film comme ça. Il baisse un peu le son. L'épuisement a raison de moi.

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